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Révision des loyers : l’IRL monte à +1,57 % au 3e trimestre 2026

L'Insee a publié le 15 octobre 2026 l'indice de référence des loyers du 3e trimestre : 148,06 en France continentale, contre 145,77 un an plus tôt, soit +1,57 % — la plus forte hausse annuelle depuis le début de 2025. Qui peut réviser, comment se calcule la nouvelle mensualité, et dans quels cas la hausse ne s'applique pas.

Révision des loyers : l’IRL monte à +1,57 % au 3e trimestre 2026Graphique 15dumois — Insee, IRL, série 001515333 (15 oct. 2026) — Sources : indice de référence des loyers, séries 001515333 et 001515334, publiées le 15 octobre 2026.

148,06. C’est la valeur de l’indice de référence des loyers (IRL) du 3e trimestre 2026, que l’Insee a publiée le 15 octobre 2026. Un an plus tôt, l’indice valait 145,77 : la hausse sur un an atteint +1,57 %. Elle était de +1,15 % au 2e trimestre 2026, +0,78 % au 1er trimestre 2026 et +0,87 % au 3e trimestre 2025. C’est la progression annuelle la plus forte depuis le début de 2025.

L’indice sert de plafond à la révision annuelle des loyers d’habitation. Il ne s’applique pas de lui-même, et il ne dit rien du loyer d’un logement donné : tout dépend de ce que prévoit le bail.

L’indice recule, la hausse accélère

Comparé au trimestre précédent, l’indice a perdu 0,31 point : il valait 148,37 au 2e trimestre 2026, il vaut 148,06 au 3e. La hausse annuelle, elle, est passée de +1,15 % à +1,57 %. Les deux mouvements ne se contredisent pas.

L’IRL n’est pas un indice de prix ordinaire. Il est chaîné : sa valeur se déduit de celle du même trimestre de l’année précédente, à laquelle s’applique l’évolution de la moyenne des douze derniers mois des prix à la consommation, hors tabac et hors loyers. Un ralentissement de l’inflation entre dans ce calcul avec du retard, et en sort de la même façon, un an plus tard.

Pour un bail, ce qui compte n’est donc pas le niveau de l’indice, mais le rapport entre deux valeurs : celle du trimestre de référence et celle du même trimestre un an plus tôt.

Qui peut réviser son loyer

Trois conditions doivent être réunies. Le logement est la résidence principale du locataire, loué vide ou meublé. Le bail comporte une clause de révision annuelle : sans clause, aucune révision n’est possible, quel que soit l’indice. Le logement n’est pas classé F ou G au diagnostic de performance énergétique, pour un bail signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 24 août 2022 en métropole — depuis le 1er juillet 2024 en Guadeloupe, en Guyane, à la Martinique, à La Réunion et à Mayotte.

Le nouveau contrat type de bail s’applique aux baux signés depuis le 1er octobre 2026 : c’est lui qui indique si le loyer est révisable, et selon quel indice.

Comment se calcule la révision

Nouveau loyer = loyer actuel × IRL du trimestre de référence ÷ IRL du même trimestre de l’année précédente, le résultat étant arrondi au centime le plus proche. Pour un bail dont le trimestre de référence est le 3e, le rapport est de 148,06 ÷ 145,77.

Sur un loyer hors charges, cela donne : 600 € → 609,43 €, soit 9,43 € de plus par mois. 800 € → 812,57 €, soit 12,57 € de plus par mois. 1 000 € → 1 015,71 €, soit 15,71 € de plus par mois. 1 200 € → 1 218,85 €, soit 18,85 € de plus par mois.

Seul le loyer hors charges est révisé. Pour un logement meublé dont les charges sont payées au forfait, ce forfait suit les mêmes règles que le loyer. La date de l’indice à retenir est celle inscrite au bail ; si le bail n’en prévoit aucune, c’est le dernier indice publié au moment de sa signature.

Une hausse qui peut être perdue

La révision n’est jamais automatique : elle suppose un bailleur qui l’applique, à la date annuelle prévue au bail. Elle se perd aussi. Lorsque le délai d’un an est écoulé, la révision non appliquée est perdue pour le propriétaire.

Trois indices, une seule variation

L’Insee publie trois valeurs : 148,06 en France continentale, 143,80 en Corse et 145,21 en Guadeloupe, en Guyane, à la Martinique, à La Réunion et à Mayotte. La variation annuelle est la même partout, +1,57 % : les trois indices suivent la même méthode, appliquée aux prix relevés dans chaque zone.

Un avis du Journal officiel reprend ces valeurs quelques jours après l’Insee : le 16 avril 2026 pour le 1er trimestre, le 12 juillet 2026 pour le 2e.

Ce que cet indice ne dit pas

Une hausse de l’IRL de 1,57 % ne signifie pas que les loyers augmentent d’autant. L’indice fixe un plafond : le bailleur peut réviser dans cette limite, ou ne pas réviser du tout. Aucune révision n’est due. Nous ne citons pas non plus de nombre de ménages concernés : aucune estimation vérifiable à la source n’était disponible à l’heure de cette publication.

Deux cas suivent un autre calendrier. Dans le logement social et dans le logement conventionné Anah, la révision a lieu au 1er janvier, sur l’IRL du 2e trimestre de l’année précédente : pour la révision du 1er janvier 2027, c’est l’indice de 148,37, publié en juillet 2026, qui s’applique. Les logements régis par la loi de 1948 ont leurs propres règles d’augmentation.

À Paris, l’encadrement des loyers et l’IRL sont deux mécanismes distincts : l’encadrement plafonne le loyer à la signature, l’IRL plafonne sa révision annuelle. Le dispositif parisien s’arrête le 24 novembre 2026, comme nous l’avons détaillé dans notre article sur la fin de l’encadrement des loyers à Paris.

Source : Insee, indice de référence des loyers, séries 001515333 (valeurs) et 001515334 (variations annuelles), publiées le 15 octobre 2026 ; règles de révision, arrondi, délai d’un an et cas d’interdiction : service-public.gouv.fr, fiches « Indice de référence des loyers (IRL) » (vérifiée le 12 juillet 2026) et « Bail d’habitation : loyer ». Les exemples de révision sont calculés par 15dumois à partir de ces deux séries. Le sujet n’a été vu ni par Google Trends ni par le radar de presse de ce créneau : l’IRL du 3e trimestre 2026 est une parution programmée de l’Insee, identifiée par la passe de 6 h, qui l’avait laissée ouverte à celle de 9 h 30.

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