Deux rappels en fin de journée : une ficelle à rôti au bisphénol A, un filet de lieu noir hors seuil de fraîcheur
Le dépôt public des rappels de produits porte deux fiches nouvelles publiées ce jeudi 22 octobre 2026 : des viandes préparées avec une ficelle à rôti contenant du bisphénol A, vendues chez un E.Leclerc de Rezé, en Loire-Atlantique — 31 codes-barres visés, des dates limites du 22 au 31 octobre ; et un filet de lieu noir vendu en vrac au rayon poissonnerie d'un E.Leclerc du Tarn, dont le seuil d'ABVT, l'indicateur de fraîcheur du poisson, a été dépassé. Toutes deux sont des rappels volontaires, sans arrêté préfectoral.
Composition 15dumois — sources : RappelConso (DGCCRF), fiches 2026-10-0232 et 2026-10-0241 — Sources : RappelConso (DGCCRF) — fiches 2026-10-0232 et 2026-10-0241 ; règlement (CE) n° 2074/2005 et décision 95/149/CE (ABVT) ; loi n° 2012-1442 (bisphénol A). Le dépôt public des rappels de produits — RappelConso, tenu par la DGCCRF — porte ce jeudi 22 octobre 2026 deux fiches nouvelles, distinctes de celles publiées le matin et à la mi-journée : des viandes préparées avec une ficelle à rôti vendues par un E.Leclerc de Rezé, en Loire-Atlantique, et un filet de lieu noir vendu au rayon poissonnerie d’un E.Leclerc du Tarn. La première porte sur la ficelle, pas sur la viande : elle contient du bisphénol A. La seconde porte sur la fraîcheur du poisson. Toutes deux sont des rappels volontaires, sans arrêté préfectoral : c’est le professionnel qui les déclenche, et la DGCCRF publie ce qu’il lui transmet. Voici ce que chaque fiche demande de regarder — et ce qu’elle ne dit pas.
Une ficelle à rôti au bisphénol A : les viandes préparées d’un E.Leclerc de Rezé
La fiche 2026-10-0232 vise des « viandes et préparations de viande préparées avec de la ficelle à rôti », que la fiche détaille : « pot au feu, pavé façon tournedos, rôtis, paupiettes, etc. ». La marque déclarée est E.Leclerc Atout Sud, l’enseigne de Rezé, en Loire-Atlantique. Le motif déclaré ne porte pas sur la viande mais sur ce qui la maintient : la présence de bisphénol A dans le fil à rôti — la ficelle de boucherie, un matériau en contact direct avec l’aliment. Le risque déclaré est un risque de contaminant chimique. La fiche ajoute que le bisphénol A est « reconnu par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) et l’Anses comme un perturbateur endocrinien majeur ».
Le point n’est pas anodin en France : la mise sur le marché de tout conditionnement, contenant ou ustensile comportant du bisphénol A et destiné à entrer en contact direct avec des denrées alimentaires y est suspendue depuis le 1er janvier 2015, en vertu de la loi n° 2010-729 du 30 juin 2010 modifiée par la loi n° 2012-1442 du 24 décembre 2012. Le fournisseur du magasin l’écrit lui-même dans les informations publiées avec la fiche : la présence de bisphénol A dans « la ficelle de boucher, matériau en contact des denrées alimentaires » entraîne « une non-conformité » du produit.
Le repérage est le point faible de cette fiche. Elle liste 31 codes-barres distincts — l’un y est porté sur douze chiffres au lieu de treize, un autre y figure deux fois —, tous associés à la même date limite de consommation, comprise entre le 22 et le 31 octobre 2026. La commercialisation a couru du 2 septembre au 21 octobre 2026. Le produit se conserve au réfrigérateur, et la fiche donne un repère visuel simple : « tous les produits ficelés avec la ficelle blanche ». La conduite à tenir est de ne plus consommer et de rapporter le produit au point de vente ; la compensation déclarée est un remboursement, au 02 51 70 70 70.
Attention à ne pas confondre cette fiche avec celle de la veille : la ficelle Chapuis rappelée le 21 octobre était un article vendu en magasin — une ficelle alimentaire en polyester de 40 g, code-barres 3233690236962. Celle d’aujourd’hui est la ficelle employée par le rayon boucherie d’un magasin, et c’est la viande préparée avec elle qui est visée. Même mot, deux produits différents.
Un filet de lieu noir vendu dans le Tarn : un dépassement du seuil de fraîcheur
La fiche 2026-10-0241 vise un filet de lieu noir sans marque, vendu en vrac au rayon poissonnerie traditionnelle du E.Leclerc Bout du Pont de l’Arn, dans le Tarn. Le motif déclaré est un dépassement du seuil d’ABVT. L’ABVT — azote basique volatil total — est l’indicateur chimique qui mesure la dégradation du poisson : il regroupe les composés azotés volatils, dont l’ammoniac, que le produit libère en perdant sa fraîcheur. C’est l’indicateur que la réglementation européenne retient lorsque l’examen d’un poisson laisse un doute sur sa fraîcheur. Un dépassement du seuil signifie que le poisson n’était plus conforme, ce que la conduite à tenir confirme : la fiche demande de ne plus consommer, de détruire le produit, de le rapporter au point de vente ou de contacter celui-ci.
Le risque déclaré est un risque de contaminant biologique, que la fiche décrit en une ligne : « peut provoquer une intoxication alimentaire (nausées, vomissements, maux de tête, rougeurs au visage) ». La vente a couru du 16 au 19 octobre 2026. Le repérage repose sur un numéro de lot, 46305-13505032 ; la fiche porte « non concerné » à la place du code-barres, ce qui est cohérent avec une vente en vrac. La compensation déclarée est un remboursement, au 05 63 61 77 22.
Ce que ces deux fiches ne disent pas
Quatre limites valent d’être dites, car elles sont communes à ce type de fiche. Aucune des deux ne chiffre le nombre d’unités vendues, ni le nombre de consommateurs exposés, ni le fait que le produit serait encore en rayon. Les deux fiches annoncent une zone de vente « France entière » et ne nomment pourtant qu’un seul distributeur chacune — le magasin de Rezé pour l’une, celui de Pont-de-l’Arn pour l’autre : nous rapportons la mention telle qu’elle est portée, sans en déduire une diffusion nationale. Le filet de lieu noir n’a pas de code-barres — la fiche porte « non concerné » —, le repérage repose donc sur le numéro de lot et sur le magasin, ce qui suppose d’avoir gardé le ticket ou le contenant. Enfin, ces deux rappels sont volontaires, sans arrêté préfectoral : les informations publiées sont celles transmises par le professionnel, et nous les reprenons comme des déclarations, jamais comme un constat que nous aurions fait nous-mêmes.
Comment vérifier, et où sont les autres rappels du jour
Les deux fiches sont consultables à leur adresse sur rappel.conso.gouv.fr — fiches 2026-10-0232 et 2026-10-0241 —, chacune avec son affichette imprimable. Pour la ficelle à rôti, ce sont la date limite de consommation et le code-barres qui tranchent ; pour le lieu noir, le magasin, la date d’achat et le numéro de lot.
Ces deux fiches ne sont pas les seules du jour. Le même dépôt porte quatorze fiches visant les conserves et verrines du charcutier audois Le Cochon du Madres, dont une rillette au risque de botulisme — un sujet que nous avons traité séparément —, et trois fiches publiées à la mi-journée, un onigiri Carrefour, un tournevis FACOM et des bijoux d’enfants vendus chez TEDi, également traitées à part. Pour la façon dont nous vérifions ces fiches — ce que nous lisons, ce que nous refusons de conclure —, voir notre méthode. Et pour la logique du lot et de la date sur un produit de magasin, le rappel du tome des Bauges d’un E.Leclerc en donne un exemple proche : un produit vendu sur place, un lot, une date. Notre récapitulatif des rappels du 9 au 12 octobre détaille, quant à lui, ce qu’il faut regarder chez soi, produit par produit.
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