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22 octobre — il reste 9 jours sur les 31 du mois.

Grève des routiers en Italie : les usines de pâtes du Sud s’arrêtent, et ce que cela peut changer dans nos rayons

Depuis le 16 octobre 2026, des transporteurs routiers bloquent le sud de l'Italie contre le prix du gazole : Rummo a suspendu sa production à Bénévent et La Molisana l'a réduite, tandis que le frais manque avant les pâtes. La France importe 65 % des pâtes qu'elle consomme, principalement d'Italie et d'Espagne. Aucune pénurie n'est établie, à ce jour, dans les magasins français.

Composition graphique 15dumois sur fond bleu nuit. À gauche, un filet vertical jaune puis la rubrique « Courses & grande distribution » en monospace jaune, le titre « Le sud de l'Italie bloque, les usines de pâtes s'arrêtent » en blanc sur trois lignes, et le sous-titre « Depuis le 16 octobre, des routiers italiens bloquent le sud du pays contre le prix du gazole : Rummo a suspendu sa production à Bénévent, La Molisana l'a réduite ». À droite, un panneau bordé de bleu porte la note « FranceAgriMer 2024, ANSA » et trois valeurs en jaune, chacune suivie de son libellé en monospace : 573 000 t (pâtes consommées en France), 65 % (part importée en 2024), 16 oct. (début du blocage). En bas, le logo « 15dumois », la mention « 22 octobre 2026 » et le crédit « Composition 15dumois — sources : ANSA, Reuters, FranceAgriMer (données 2024) ».Composition 15dumois — sources : ANSA, Reuters, FranceAgriMer (données 2024) — Sources : FranceAgriMer (2024).

Depuis le vendredi 16 octobre 2026, des transporteurs routiers italiens bloquent des routes dans le sud de l’Italie pour protester contre le prix du gazole et le coût de la vie. Une semaine plus tard, le mouvement ne s’arrête plus au bord des routes : des usines de pâtes ont suspendu ou réduit leur production, des rayons de supermarchés se vident de produits frais, et le gouvernement italien a réuni son conseil des ministres pour un décret destiné aux transporteurs et aux agriculteurs. Pour un consommateur français, la question utile est simple : la France importe l’essentiel des pâtes qu’elle mange, et c’est l’Italie qui la fournit en premier. Voici ce qui est établi à ce jour, et ce qui ne l’est pas.

Ce qui bloque, et depuis quand

Le mouvement a commencé le 16 octobre en Sicile et en Calabre, puis s’est étendu. Le mercredi 21 octobre au matin, sur l’autoroute A1 Milan-Naples, le nœud avec l’A30 Caserta-Salerne a été fermé à la circulation venant de Rome à cause des poids lourds immobilisés, tout comme les accès secondaires vers Casoria et la SS7 Appia. Le port de Naples a été touché, des barrages ont bloqué l’entrée de Palerme, et les blocages se sont maintenus dans les Pouilles, en Basilicate, en Calabre et dans le Molise. Le ministre des Infrastructures et des Transports, Matteo Salvini, a déclaré que ces blocages n’étaient pas légaux et a demandé leur levée ; son vice-ministre, Edoardo Rixi, a résumé la position du gouvernement par une phrase : « les blocages ne peuvent pas être tolérés sine die ».

Des usines de pâtes du Sud à l’arrêt

C’est l’effet le plus concret du mouvement, et il touche le cœur de la production italienne de pâtes — la Campanie, les Pouilles et la Sicile. Rummo, fabricant installé à Bénévent, en Campanie, a suspendu sa production faute de matière première : son directeur général, Cosimo Rummo, a expliqué qu’« aucun camion ni citerne n’arrive et nous sommes à court de matières premières ». La Molisana, dans le Molise, a réduit sa production et a puisé dans ses réserves de blé et de semoule. Le syndicat meunier Italmopa avait prévenu avant cela qu’un nombre croissant d’usines pourrait être contraint de s’arrêter si les blocages se poursuivaient.

Une distinction compte ici. Les pâtes sèches se conservent en moyenne environ deux ans : les rayons peuvent donc tenir un moment, et le blocage ne vide pas immédiatement les linéaires. Ce sont les produits frais qui manquent d’abord — un détail qui décide de la façon dont le sujet doit se lire : il ne s’agit pas, à ce stade, d’une pénurie de pâtes annoncée, mais d’un arrêt de production dans un bassin qui alimente une grande partie du marché.

Le frais manque avant les pâtes

Les effets sur l’alimentation fraîche sont, eux, constatés et documentés. Le marché de gros de Rome (Centro Agroalimentare Roma, le plus important marché de fruits et légumes du pays) a signalé des pénuries de tomates, de poivrons et de raisin, avec des prix en hausse, et des livraisons reportées sur des importations. Le syndicat agricole Confagricoltura a averti que des producteurs siciliens devraient détruire des denrées périssables faute de transport. L’enseigne de supermarchés Conad, par la voix de son organisation de détaillants, a indiqué que des quantités de produits périssables — fruits et légumes, lait, viande — restaient bloquées dans des camions et des entrepôts. La production de mozzarella de bufflonne de Campanie AOP a elle aussi été interrompue, faute d’acheminement du lait vers les fromageries dans le délai prévu par son cahier des charges. Enfin, deux aéroports de Calabre (Crotone et Reggio de Calabre) se sont retrouvés à court de kérosène, tandis que ceux de Bari et Brindisi ont subi des restrictions d’approvisionnement.

Ce que le gouvernement italien a décidé

La réponse s’est faite en deux temps. Le 20 octobre, après une réunion en préfecture à Milan, le vice-ministre Edoardo Rixi a annoncé le déblocage d’environ un milliard d’euros au total pour le secteur : 480 millions d’euros de crédits d’impôt sur le gazole pour toutes les demandes déposées jusqu’au 30 août (la somme a été portée de 430 à 480 millions), l’ajout de 60 millions pour les mois de septembre et octobre, et 590 millions pour le renouvellement des véhicules à partir de janvier. La Sicile a levé son blocage au terme de cette réunion ; les autres régions l’ont maintenu, et le dossier a été reconnu à suivre à un nouveau rendez-vous fixé au 27 octobre.

Le 21 octobre, la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, a convoqué le conseil des ministres du lendemain pour un décret-loi réunissant les mesures de soutien à l’autotransport et des ressources supplémentaires pour le secteur agricole. Le même jour, le ministère de l’Intérieur faisait savoir qu’il avait identifié 1 339 personnes, dénoncé 71 manifestants et sanctionné administrativement 242, et qu’il avait organisé l’escorte de convois, 500 véhicules rien qu’en Campanie. Le ministre de l’Agriculture, Francesco Lollobrigida, a décrit devant la chambre le phénomène qui l’inquiète : « il y a des tonnes de frais et de très frais qui, du sud, n’arrivent pas au nord », et il a exprimé sa solidarité aux agriculteurs du Sud dont les marchandises périssables, perdues, ne seront pas payées — un manque à gagner qui s’ajoute à la hausse des coûts de production, hausse qu’il attribue à des « questions de caractère international ». Il a aussi parlé d’infiltrations criminelles, qu’il juge « évidentes », et invité à examiner le « casier judiciaire » de certains meneurs : c’est une appréciation du ministre, pas une infraction établie en justice.

Ce que cela peut changer chez nous

Pourquoi ce sujet concerne des lecteurs français : selon FranceAgriMer, la France a consommé en 2024 environ 573 000 tonnes de pâtes alimentaires, dont 65 % étaient importées, « principalement d’Italie et d’Espagne ». La France, deuxième producteur européen de blé dur, exporte sa matière première et importe une grande part du produit transformé ; c’est un constat documenté, pas une opinion. Un arrêt prolongé des usines du sud de l’Italie peut donc, mécaniquement, tendre l’approvisionnement d’une partie des pâtes vendues en France et peser sur des prix de rayon.

Mais il faut séparer ce qui est mesuré de ce qui ne l’est pas. Aucune source consultée n’établit, à cette heure, une pénurie de pâtes ni une hausse de prix constatée dans les magasins français : ce serait une conclusion que les faits ne portent pas. Ce que l’on peut dire est plus limité et plus utile : un mouvement social étranger, né d’un prix du carburant que l’Agence internationale de l’énergie décrit toujours tendu sur le marché mondial, se transmet à notre alimentation par le transport. Le reste — savoir si cela se voit sur les étiquettes — dépendra de la durée du blocage et de l’issue du rendez-vous italien du 27 octobre, et se vérifiera dans les rayons, pas dans les déclarations.

Nos points de repère sur le même mécanisme

Ce dossier prolonge des sujets que nous suivons : le marché mondial du gazole vu par l’AIE, les ruptures dans les stations-service, et de près ce que la sécurisation des volumes de diesel ne dit pas du prix à la pompe. Côté prix alimentaires, nos relevés les plus proches sont la hausse des légumes d’été, la récolte de pommes 2026 et le rejet, au Sénat, du panier à prix coûtant.

Nous ne relayons pas ce dossier comme une alerte : c’est un épisode de transport et de production qui se déroule en Italie, et son intérêt pour nos lecteurs est de comprendre par quel chemin un blocage routier peut atteindre un rayon français — et à quel moment cela deviendrait vérifiable.

Sources : dépêches et déclarations officielles rapportées par l’agence ANSA, Reuters, le Corriere della Sera, Il Sole 24 Ore, La Repubblica, RaiNews et Askaneus entre le 20 et le 21 octobre 2026 (déblocage des crédits d’impôt sur le gazole annoncé par le vice-ministre Edoardo Rixi ; déclarations du ministre Matteo Salvini ; propos du ministre de l’Agriculture Francesco Lollobrigida à la chambre le 21 octobre ; conseil des ministres convoqué par Giorgia Meloni ; chiffres du ministère de l’Intérieur : 1 339 personnes identifiées, 71 dénoncées, 242 sanctionnées, convois escortés dont 500 véhicules en Campanie ; note de la confédération agricole Confagricoltura) ; récit du mouvement par Trasporti-Italia.com (début du fermo le 16 octobre en Sicile et en Calabre) ; données sur la production et la distribution des pâtes attribuées à Rummo, La Molisana, Italmopa, Conad et à la coopérative Coop, telles que rapportées par Reuters, La Repubblica et l’agence ANSA ; données françaises de consommation et d’importation de pâtes alimentaires : FranceAgriMer, observatoire des prix et des marges, section « Pâtes alimentaires » (données 2024 : 573 000 tonnes consommées, 65 % importées, principalement d’Italie et d’Espagne). Ce sujet a d’abord été signalé par notre radar de veille de presse du 22 octobre 2026, qui n’est qu’un signal de détection ; il a ensuite été instruit et vérifié aux sources primaires et institutionnelles ci-dessus, jamais à partir d’un titre de presse seul. Aucun prix ni aucune quantité ne sont repris d’un extrait de moteur de recherche.

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