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Prix des fruits et légumes : les légumes d’été à plus de 20 % sur un an, et la hausse repart en septembre

Les prix des produits frais ont augmenté de 5,9 % sur un an en août 2026, et l'Insee estime qu'ils atteindraient +9,9 % en septembre. La hausse ne touche pas tout : elle se concentre sur les légumes d'été — tomates, courgettes, salades — tandis que les fruits restent presque stables. Ce que les chiffres disent, et ce qu'ils ne disent pas encore.

Prix des fruits et légumes : les légumes d’été à plus de 20 % sur un an, et la hausse repart en septembreGraphique 15dumois — Insee, IPC d'août 2026 — Sources : IPC d'août 2026 (définitif) et estimation provisoire de septembre 2026.

Le prix des produits frais — fruits, légumes, mais aussi viandes et poissons — a augmenté de 5,9 % sur un an en août 2026. C’est nettement plus que l’ensemble de l’alimentation (+1,1 %). Et dans sa première estimation de septembre, l’Insee porte ce même ensemble à +9,9 % sur un an. Derrière ce mouvement, un poste précisément identifié : les légumes d’été, dont certains dépassent +20 % sur un an.

Cet article sépare trois choses qu’on confond souvent — l’inflation alimentaire dans son ensemble, celle des produits frais, et celle des fruits et légumes — car elles ne bougent pas au même rythme. Il dit aussi ce que ces chiffres ne permettent pas encore de conclure.

Ce que l’Insee a publié, et à quelle date

L’Insee publie chaque mois en deux temps. Le 15 septembre 2026, ses résultats définitifs d’août (informations rapides n° 218) : les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an, l’alimentation de +1,1 %, et les produits frais de +5,9 %. Le 30 septembre 2026, sa première estimation de septembre (n° 242) : +3,0 % pour l’ensemble, +1,5 % pour l’alimentation, +9,9 % pour les produits frais.

L’estimation de septembre est provisoire : l’Insee le rappelle, ses indices de fin de mois reposent sur un champ réduit d’observations de prix et sur des estimations de tarifs non encore connus. Les résultats définitifs de septembre paraîtront le 15 octobre 2026, et les indices provisoires, écrit l’Insee, « ne doivent pas être utilisés pour des revalorisations contractuelles ».

La hausse de l’alimentation vient presque entièrement des produits frais

C’est le point que le chiffre global masque. En septembre, l’alimentation dans son ensemble est estimée à +1,5 % sur un an. Mais elle regroupe deux blocs de poids très inégaux dans l’indice des prix :

  • les produits frais (fruits, légumes, viandes, poissons) : +9,9 %, pour une pondération de 170 sur 10 000 ;
  • le reste de l’alimentation — épicerie, produits secs, conserves, boissons : +0,4 %, pour 1 315 sur 10 000.

En reprenant ces pondérations publiées, le calcul est simple à refaire : les produits frais pèsent environ les trois quarts de la contribution de l’alimentation à l’inflation, alors qu’ils n’en représentent qu’un peu plus de un dixième du poids. Autrement dit, l’alimentation ne s’envole pas : un poste étroit — les produits frais — tire à lui seul l’essentiel du mouvement, pendant que l’épicerie reste presque stable.

Ce qui a bondi : les légumes d’été ; ce qui a peu bougé : les fruits

Le détail d’août 2026, publié par l’Insee, est le plus instructif, car il descend au niveau des produits. Sur un an :

  • légumes frais à fruits (tomates, courgettes, etc.) : +22,3 %, après +13,1 % en juillet ;
  • légumes à feuilles ou à tiges (salades, endives, etc.) : +21,3 %, après +8,0 % ;
  • « autres fruits frais » (melons, pastèques, etc.) : +3,1 % ;
  • agrumes frais : +0,6 %.

« Les fruits et légumes » ne montent donc pas d’un bloc. La hausse est portée par les légumes, et dans les légumes par les produits d’été — tomates, courgettes, salades. Les fruits, eux, sont presque stables : un panier de pommes ou de bananes n’a pas connu le même mouvement qu’un panier de tomates. La distinction n’est pas cosmétique : elle change ce qu’un acheteur peut faire de ce constat.

Pourquoi : les fortes chaleurs de l’été

L’Insee attribue explicitement cette accélération des produits frais aux vagues de chaleurs. Les légumes d’été sont les cultures les plus exposées : récoltés au fil de la saison, ils ne se stockent pas, et une succession de jours très chauds pèse sur les rendements comme sur la qualité. Les fruits d’automne et d’hiver — pommes, poires, agrumes — arrivent, eux, à un autre moment et subissent une autre météo ; c’est précisément ce que montrent leurs hausses faibles ou nulles.

Nous n’allons pas plus loin sur les volumes. L’Insee mesure des prix, pas des tonnages : les estimations de pertes de récolte qui ont circulé pendant l’été relèvent de la filière et n’ont pas la même valeur qu’un indice de prix publié. Nous ne les reprenons donc pas comme des faits.

Et l’automne ? Ce que septembre annonce, et ce qu’il faut attendre

La première estimation de septembre (+9,9 %) montre que la hausse des produits frais ne se referme pas à la fin de l’été : elle s’accentue. Deux précautions s’imposent toutefois. D’abord, le chiffre est provisoire. Ensuite, il porte sur l’ensemble des produits frais — viandes et poissons compris —, et non seulement sur les fruits et légumes ; le détail par produit, pour septembre, n’est pas encore publié.

Les cultures qui arrivent à l’automne — poireaux, choux, courges, pommes, pommes de terre — ne sont pas isolées dans les chiffres d’août. Savoir si elles suivront le mouvement des tomates est une question ouverte, à laquelle la publication du 15 octobre apportera des éléments, sans nécessairement la trancher.

Ce que ça change pour vos courses

Les postes les plus touchés sont les légumes frais, et surtout les légumes d’été : tomates, courgettes, salades, endives. Sur ces produits, comparer les prix au kilo et ajuster ses achats à la saison pèse davantage qu’un arbitrage sur l’épicerie, dont les prix, eux, évoluent peu (+0,4 %).

Un rappel, cependant : ces chiffres sont des moyennes nationales. Ils ne décrivent ni l’enseigne où vous faites vos courses, ni le prix d’un produit précis aujourd’hui. Un relevé daté, dans un point de vente donné, peut s’en écarter nettement — c’est toute la différence entre un prix payé au producteur et un prix affiché en rayon, deux choses qui évoluent séparément.

Ce que nous n’affirmons pas

  • Nous ne disons pas que tous les fruits et légumes ont augmenté de plus de 20 % : ce sont les légumes d’été qui portent ce mouvement, les fruits étant presque stables.
  • Nous ne présentons pas le chiffre de septembre comme acquis : il est provisoire et sera révisé le 15 octobre.
  • Nous ne confondons pas les prix payés par les ménages, que mesure l’Insee, avec les prix payés aux producteurs, qui suivent leur propre logique.
  • Nous ne tirons aucune prévision pour l’automne : les résultats définitifs trancheront.

Sources

  • Insee, « En août 2026, les prix à la consommation augmentent de 2,4 % sur un an » — Informations rapides n° 218, résultats définitifs, 15 septembre 2026.
  • Insee, « En septembre 2026, les prix à la consommation augmenteraient de 3,0 % sur un an » — Informations rapides n° 242, résultats provisoires, 30 septembre 2026.
  • Pondérations de l’indice des prix à la consommation (base 2025), reprises dans ces deux publications ; nos calculs de contribution en découlent.

Pour l’inflation d’ensemble du mois et le poids de l’énergie, voir aussi notre article sur l’inflation de septembre 2026. Notre méthode est décrite dans notre méthode.

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