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22 octobre — il reste 9 jours sur les 31 du mois.

Inflation : 3,1 % sur un an en septembre, et l’énergie pèse plus de la moitié de la hausse

Chiffres définitifs de l'Insee, publiés le 15 octobre 2026 : les prix ont augmenté de 3,1 % sur un an en septembre, les services de 2,4 % et les produits frais de 9,5 %.

Graphique 15dumois : contribution de l’énergie, des services, de l’alimentation, du tabac et des produits manufacturés à la hausse des prix de 3,0 % sur un an en septembre 2026.Graphique 15dumois — Insee.
Graphique 15dumois : contribution de l’énergie, des services, de l’alimentation, du tabac et des produits manufacturés à la hausse des prix de 3,0 % sur un an en septembre 2026.

L’INSEE a publié ce matin son estimation provisoire des prix de septembre : +3,0 % sur un an, après +2,4 % en août. Le chiffre circule déjà partout. Ce qu’il ne dit pas, c’est d’où vient la hausse — et donc ce sur quoi un ménage peut réellement agir. Nous avons repris les pondérations publiées par l’INSEE pour calculer la part de chaque poste dans ces 3,0 %.

Ce que l’INSEE a publié ce matin

L’estimation provisoire de septembre 2026 porte l’inflation à 3,0 % sur un an, contre 2,4 % en août et 1,2 % en septembre 2025. Sur un mois, les prix reculent de 0,3 % : la baisse saisonnière des services, après l’été, compense en partie la hausse de l’énergie. L’indice harmonisé, celui qui sert aux comparaisons européennes, progresse de 3,4 % sur un an.

Trois mois plus tôt, en janvier 2026, la hausse annuelle était de 0,3 %. Ce n’est donc pas une accélération continue depuis le début d’année, mais une remontée qui date du printemps et qui s’accentue depuis deux mois.

L’énergie explique plus de la moitié de la hausse

Les prix de l’énergie augmentent de 21,2 % sur un an, après 16,7 % en août et une baisse de 4,4 % en septembre 2025. Dans le même temps, les services progressent de 2,2 %, l’alimentation de 1,5 % — dont 9,9 % pour les seuls produits frais —, le tabac de 3,3 %, et les produits manufacturés reculent légèrement de 0,3 %.

Ces pourcentages ne se comparent pas directement : chaque poste ne pèse pas pareil dans le budget des ménages. En appliquant les pondérations 2026 publiées avec le tableau, on obtient la contribution de chacun à la hausse d’ensemble :

  • Énergie : environ 1,6 point sur les 3,0 % (7,6 % du panier, +21,2 % sur un an) ;
  • Services : environ 1,1 point (52,0 % du panier, +2,2 %) ;
  • Alimentation : environ 0,2 point (14,9 % du panier, +1,5 %) ;
  • Tabac : environ 0,1 point (1,7 % du panier, +3,3 %) ;
  • Produits manufacturés : environ −0,1 point (23,9 % du panier, −0,3 %).

Autrement dit : le poste dont on parle le plus dans les titres — les produits frais, à +9,9 % — ne pèse qu’un dixième de point dans la hausse totale, parce qu’il ne représente que 1,7 % du panier. L’énergie, elle, pèse plus de la moitié à elle seule.

Pourquoi notre addition ne tombe pas exactement sur 3,0 %

Une contribution s’obtient en multipliant le poids d’un poste par sa hausse annuelle. Les cinq contributions ci-dessus totalisent environ 2,97 point, pour un chiffre officiel de 3,0 % à une décimale. L’écart vient des arrondis — les pondérations publiées sont arrondies, les évolutions aussi — et non d’une erreur de méthode. Ce calcul est le nôtre : l’INSEE publie les pondérations et les évolutions, pas les contributions poste par poste.

Ce que ça change pour vous, concrètement

Si l’énergie concentre la hausse, alors les deux leviers qui comptent aujourd’hui sont le carburant et le chauffage. Les deux sont mesurables à notre niveau :

Une précision qui évite un raccourci courant : les aides personnelles au logement ont été revalorisées de 1,15 % au 1ᵉʳ octobre, mais ce taux est calculé sur l’indice de référence des loyers, pas sur l’inflation de septembre. Les deux chiffres se ressemblent et n’ont pas la même origine.

Ce que ces chiffres ne permettent pas de dire — et ce que les résultats définitifs changent

Une inflation de 3,0 % sur un an ne signifie pas que le budget d’un ménage précis a augmenté de 3,0 % : le panier de l’INSEE est une moyenne nationale, pondérée sur l’ensemble des ménages français. Un foyer qui ne conduit pas, se chauffe au bois et vit dans un logement ancien n’a pas la même exposition qu’un foyer qui roule 1 500 km par mois et se chauffe au gaz.

Mise à jour du 15 octobre 2026. Les résultats définitifs de septembre, publiés ce matin par l’INSEE, portent la hausse des prix à 3,1 % sur un an, contre 3,0 % dans l’estimation provisoire du 30 septembre — une estimation qui, rappelait alors l’INSEE, reposait sur un champ restreint d’observations et sur des estimations pour certains tarifs. Le recul de 0,3 % sur un mois est confirmé, et l’indice harmonisé (IPCH), celui qui sert aux comparaisons européennes, reste à 3,4 % sur un an.

Poste par poste, les chiffres définitifs confirment la lecture faite plus haut à partir de l’estimation provisoire. Sur un an : l’énergie accélère à +21,3 % (après +16,7 % en août et +12,6 % en juillet), les services à +2,4 % (après +1,9 %), l’alimentation à +1,4 % (après +1,1 %) — dont +9,5 % pour les seuls produits frais —, le tabac reste à +3,3 %, et les produits manufacturés reculent encore de 0,3 %. Les écarts avec l’estimation provisoire restent de l’ordre de 0,1 à 0,2 point ; la hiérarchie des postes, elle, ne bouge pas : l’énergie reste de loin le premier moteur de la hausse.

Deux éléments que l’estimation provisoire ne donnait pas méritent l’attention. D’abord l’inflation sous-jacente, qui exclut les tarifs publics et les produits à prix volatils : elle s’établit à +1,5 % sur un an, après +1,1 % en août. La hausse de fond ne se limite donc pas à l’énergie et aux prix administrés. Ensuite, l’INSEE publie l’indice des ménages les plus modestes : pour le premier quintile de la distribution des niveaux de vie, les prix augmentent de +3,3 % sur un an, soit plus que la moyenne nationale (3,1 %). Pour les ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, la hausse est de 3,1 %, comme la moyenne.

Un repère pour les courses : dans la grande distribution, les prix des produits d’alimentation industrielle, d’entretien et d’hygiène-beauté reculent de 0,3 % sur un an en septembre 2026, comme au mois d’août. La hausse d’ensemble ne vient donc pas des rayons d’alimentation industrielle, mais du carburant, du chauffage et de certains services — les prix des services de transport accélèrent à +5,1 % sur un an, tirés par les transports aériens (+10,0 %).

Cette distinction entre provisoire et définitif a une conséquence pratique, et c’est elle qui compte pour les contrats : les indices provisoires ne doivent pas servir aux revalorisations contractuelles. Ce sont les indices définitifs, ceux publiés le 15 octobre, qui entrent dans le calcul des indexations — révision des loyers, pensions alimentaires, contrats privés et conventions collectives. Une révision de 0,1 point change peu de chose à l’échelle d’un budget, mais c’est bien le chiffre définitif qui fait foi.

Prochaine étape : l’estimation provisoire d’octobre le 30 octobre 2026, et les résultats définitifs d’octobre le 13 novembre 2026.

Sources

  • INSEE, « En septembre 2026, les prix à la consommation augmentent de 3,1 % sur un an », Informations rapides n° 247, résultats définitifs, publiés le 15 octobre 2026 à 8h45 — consultés le 15 octobre 2026.
  • INSEE, « En septembre 2026, les prix à la consommation augmenteraient de 3,0 % sur un an », Informations rapides n° 242, estimation provisoire, publié le 30 septembre 2026 — consulté le 30 septembre 2026.
  • INSEE, mêmes tableaux : pondérations 2026 et évolutions annuelles par poste (alimentation, tabac, énergie, produits manufacturés, services), série des glissements annuels depuis 2017.
  • Calcul des contributions par 15dumois : poids du poste multiplié par son évolution annuelle, à partir des seules valeurs publiées ci-dessus.

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