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23 octobre — il reste 8 jours sur les 31 du mois.

Carburants : le G7 va libérer jusqu’à 100 millions de barils, sans garantie pour le prix à la pompe

Réunis le 2 octobre 2026, les dirigeants du G7 ont décidé de puiser jusqu'à 100 millions de barils de gazole et de pétrole brut dans leurs stocks stratégiques, sur quatre mois, pour faire baisser les prix des carburants. Une part substantielle de gazole doit arriver dans les vingt jours. La répercussion à la pompe, elle, n'est pas acquise : voici ce qui est décidé, ce qui est daté, et ce qui reste inconnu.

Infographie 15dumois sur la décision du G7 du 2 octobre 2026 : jusqu'à 100 millions de barils de stocks stratégiques libérés sur quatre mois, dont une part substantielle de gazole dans les vingt premiers jours.Infographie 15dumois — Sources : Élysée, déclaration du G7, relevés 15dumois des carburants (data.economie.gouv.fr).

Réunis en visioconférence le vendredi 2 octobre 2026, les dirigeants du G7 ont décidé de puiser dans leurs stocks stratégiques de gazole et de pétrole brut : jusqu’à 100 millions de barils, libérés sur quatre mois et coordonnés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’objectif affiché est de faire baisser les prix des carburants, qui ont atteint des niveaux records en Europe à la fin du mois de septembre.

La décision est officielle : elle figure dans la déclaration commune des chefs d’État et de gouvernement du G7 publiée le soir même, et dans le compte rendu de la présidence française. Mais elle ne fixe ni un prix, ni le détail du calendrier, ni la part de chaque pays. Voici ce qui est décidé, ce qui est daté, et ce qui reste ouvert.

Ce que le G7 a décidé le 2 octobre 2026

Le communiqué publié par l’Élysée énumère quatre décisions, présentées comme prises à l’unanimité.

Décision Ce que prévoit le communiqué
Approvisionnement Poursuivre, de façon coordonnée, les actions visant à restaurer la pleine liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Le texte note que les volumes transitant par Ormuz et par le canal de Yanbu, en mer Rouge, augmentent « ces derniers jours ».
Raffinage Faire tourner les raffineries du G7 « au maximum de » leurs capacités et coordonner les arrêts de maintenance pour éviter des arrêts simultanés de capacité.
Stocks stratégiques Libérer des stocks stratégiques de produits raffinés, notamment du gazole, et de pétrole brut, jusqu’à 100 millions de barils sur quatre mois, sous la coordination de l’AIE.
Commerce Ne mettre en place aucune interdiction ni limitation d’exportation d’énergie entre les pays du G7. Le communiqué appelle les autres producteurs à s’abstenir de mesures qui aggraveraient les tensions.

Le calendrier annoncé

Le texte donne trois repères de temps, et un rendez-vous.

Repère Ce que dit la déclaration
2 octobre 2026 Décision annoncée ; la libération doit « commencer immédiatement ».
22 octobre 2026 Fin des « 20 premiers jours », pendant lesquels une part substantielle de gazole doit être mise sur le marché. Un premier rapport de suivi doit être remis « avant 20 jours ».
Début février 2027 Fin de la période de libération, étalée sur quatre mois.
« Prochains jours » Nouvelle réunion au sein de l’AIE pour examiner d’éventuelles libérations supplémentaires de gazole.

Ces repères sont ceux que fixe le communiqué. Le volume réellement libéré, et le rythme exact auquel il le sera, ne sont pas précisés.

Où en sont les prix à la pompe en France

Nos derniers relevés, arrêtés au 2 octobre 2026, donnent les moyennes nationales suivantes. La base est la moyenne simple des prix déclarés par les stations, à partir du jeu de données ministériel « Prix des carburants en France — flux instantané ».

Carburant Prix moyen déclaré Stations relevées
Gazole 2,3795 €/L 9 023
SP95-E10 2,1645 €/L 7 102
E85 0,9023 €/L 3 720

Ce sont des moyennes nationales, pas le prix d’une station donnée : les écarts entre stations d’un même département peuvent être importants, comme nous l’avons mesuré dans notre relevé sur les écarts de prix entre stations.

Ce que représentent 100 millions de barils

Un baril de pétrole vaut 159 litres : 100 millions de barils représentent donc environ 15,9 milliards de litres. C’est un ordre de grandeur de volume, et non un tonnage de gazole : le communiqué ne donne pas la répartition exacte entre gazole et pétrole brut, et le brut ne rejoint pas la pompe sans passer par une raffinerie. Le texte précise seulement qu’une « part substantielle » du gazole sera libérée dans les vingt premiers jours.

Ce que ça peut changer à la pompe, et ce que ça ne garantit pas

La décision porte sur l’offre de pétrole et de gazole sur le marché mondial. Le prix à la pompe, lui, se forme à partir de plusieurs éléments : le cours du brut, le coût du raffinage et du transport, la fiscalité, et la politique commerciale de chaque distributeur. Une décision sur les stocks agit sur l’un de ces éléments, le premier.

L’Élysée indique que le président de la République et le gouvernement « seront vigilants » à ce que la baisse des prix sur les marchés mondiaux « se répercute sur les prix à la pompe, pour l’ensemble de nos concitoyens ». C’est un engagement de suivi, sans calendrier ni montant. Aucune baisse à la pompe n’est donc acquise à ce stade, et aucune date de répercussion n’est annoncée.

Le 7 octobre 2026, la France a précisé sa propre mesure : l’État mobilise une partie de ses stocks stratégiques de gazole, soit 10 millions de barils. Le mécanisme repose sur l’écart entre la valeur comptable du gazole stocké — environ 0,28 € par litre — et son prix de marché, environ 1,10 € par litre hors distribution, accise et TVA : en le cédant à sa valeur comptable, l’État fait baisser le coût d’approvisionnement des distributeurs, qui doit se répercuter à la pompe.

Le gouvernement annonce une baisse moyenne de 12 à 18 centimes par litre pendant trois mois, de novembre à janvier, et indique que tous les distributeurs sont concernés : les principaux, qui représentent environ 60 % du marché, se sont engagés à répercuter intégralement la diminution. C’est une moyenne nationale annoncée, et non une baisse encore constatée : l’ampleur observée pourra varier d’une station à l’autre, et nos relevés continueront de mesurer le prix réellement pratiqué.

Ce qui n’est pas décidé

  • Aucun plafonnement des prix. Le communiqué ne fixe ni prix maximum ni prix administré ; il n’évoque que la libération de stocks et la coordination du raffinage.
  • Aucune interdiction d’exportation. C’est l’inverse qui est décidé entre les pays du G7, et l’appel est lancé aux autres producteurs pour qu’ils s’abstiennent de telles mesures.
  • Aucune nouvelle aide directe aux ménages dans cette décision. Le dispositif français d’aide aux travailleurs qui roulent beaucoup existe déjà : il est décrit dans notre article sur l’aide carburant de 100 € pour octobre-décembre.
  • Aucune répartition publiée entre les pays du G7, et aucun engagement chiffré par État.

Ce que nous n’affirmons pas

  • Aucune prévision de prix de notre part. Le chiffre de 12 à 18 centimes est l’objectif annoncé par le gouvernement, pas une estimation de 15dumois. L’effet réel sur le prix payé n’est pas encore connu, et nous ne l’anticipons pas nous-mêmes.
  • Aucun chiffre de presse repris sans source. Les évaluations de baisse qui circulaient avant le 7 octobre ne reposaient sur aucune donnée publiée : nous ne les avons pas reprises. Les 12 à 18 centimes cités ici viennent, eux, de l’annonce du gouvernement.
  • Aucun prix étranger mis en avant. Les prix cités sont nos relevés datés, en France ; ils valent pour la date indiquée.
  • Aucun effet sur la facture d’un ménage donné. Le prix payé dépend de la station, du carburant et du moment ; une moyenne nationale n’est pas un prix individuel.

Nos sources

  • Élysée, « Visioconférence des dirigeants du G7 sur la situation énergétique mondiale », publié le 2 octobre 2026 (elysee.fr), consulté le 3 octobre 2026.
  • Gouvernement, « Baisse du prix du gazole : ce qui va changer à la pompe », publié le 7 octobre 2026 (info.gouv.fr), consulté le 8 octobre 2026.
  • Déclaration des chefs d’État et de gouvernement du G7 sur la sécurité énergétique mondiale et la stabilité des marchés, 2 octobre 2026, publiée par l’Élysée.
  • Nos relevés de prix des carburants : jeu de données ministériel « Prix des carburants en France — flux instantané » (data.economie.gouv.fr), flux du 2 octobre 2026 ; moyenne simple des prix déclarés par les stations.

Les volumes, dates et décisions cités viennent du communiqué de l’Élysée et de la déclaration du G7. Les prix cités sont nos propres relevés, datés et sourcés. Le chiffre de baisse (12 à 18 centimes) est celui annoncé par le gouvernement le 7 octobre 2026 : c’est un objectif annoncé, pas une baisse constatée. Article mis à jour le 8 octobre 2026.

Comment nous vérifions les prix et les chiffres que nous publions : notre méthode.

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