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22 octobre — il reste 9 jours sur les 31 du mois.

Marché de gros de l’électricité : 221,77 €/MWh le 19 octobre, et ce qui décide si votre facture suit

Sur le marché journalier de l'électricité, le prix de gros français pour la livraison du lendemain s'est établi en moyenne à 221,77 €/MWh pour la journée du lundi 19 octobre 2026, à 212,32 €/MWh pour le mardi 20 et à 161,33 €/MWh pour le mercredi 21, selon l'indice base publié par la bourse EPEX SPOT — un écart de 60 €/MWh en trois jours. Ce prix ne règle pas la facture d'un foyer au tarif réglementé : celui-ci est construit par addition de coûts, l'approvisionnement en énergie y est lissé sur les 24 mois précédant l'année de livraison, et les mouvements n'ont lieu qu'en février et en août. Le dernier remonte au 1er août 2026 (+2,5 % TTC, soit 0,2001 € le kWh en option base) ; le prochain est fixé au 1er février 2027. Ce sont les offres de marché indexées sur le prix spot qui suivent, elles, ces journées.

Marché de gros de l’électricité : 221,77 €/MWh le 19 octobre, et ce qui décide si votre facture suitComposition 15dumois — CRE, délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026 — Sources : délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026 (annexe A) ; grilles tarifaires publiées par EDF au 1er août 2026 ; EPEX SPOT, résultats du marché journalier France des 19, 20 et 21 octobre 2026 — consultés le 21 octobre 2026.

Sur le marché journalier de l’électricité, le prix de gros français pour la livraison du lendemain s’est établi à 221,77 €/MWh en moyenne pour la journée du lundi 19 octobre 2026, à 212,32 €/MWh pour le mardi 20 et à 161,33 €/MWh pour le mercredi 21. Ces trois valeurs sont celles de l’indice base — la moyenne horaire de la journée — publiées par la bourse EPEX SPOT, où se tiennent les enchères du marché français. En trois jours, l’écart entre le lundi et le mercredi atteint 60 €/MWh, soit un peu plus du tiers du prix.

Ces nombres circulent cette semaine comme s’ils annonçaient une hausse des factures. Ils disent autre chose, et il vaut la peine de les remettre à leur place : un prix de gros, un tarif réglementé et une facture de ménage ne suivent ni le même calendrier, ni le même mécanisme. Voici ce que ces trois journées sont exactement, ce qu’elles déterminent, et ce qu’elles ne déterminent pas.

Un prix de gros, pour la livraison du lendemain

Le marché journalier, dit « day-ahead », est une enchère quotidienne : les producteurs et les fournisseurs y échangent l’électricité qui sera livrée le lendemain, heure par heure. Le prix qui en sort est le prix de gros du moment ; l’indice base en donne la moyenne sur la journée. Il s’exprime hors taxes, hors acheminement et hors marge du fournisseur.

Ce n’est donc pas le prix du kWh d’un particulier. La facture d’un ménage ajoute le transport et la distribution de l’électricité (le TURPE), les taxes, les coûts de commercialisation et la marge du fournisseur. Un mégawattheure vaut 1 000 kWh : les 221,77 €/MWh du lundi représentent 0,22 € par kWh, mais pour de l’électricité livrée en gros, avant réseau et avant taxes. Poser ce nombre à côté du prix du kWh d’une facture n’a pas de sens — c’est pourtant ce que font plusieurs reprises de ces derniers jours.

Le tarif réglementé, lui, ne se règle pas au jour le jour

Le tarif réglementé de vente — le « tarif bleu » d’EDF et des quelque cent entreprises locales de distribution — est construit par addition de coûts. L’article L. 337-6 du code de l’énergie énumère ces briques : l’approvisionnement en énergie au prix de marché, la garantie de capacité, les coûts d’acheminement, les coûts de commercialisation et une rémunération normale de l’activité de fourniture. C’est la Commission de régulation de l’énergie (CRE) qui propose son évolution, et les ministres chargés de l’Énergie et de l’Économie qui la décident (article L. 337-4).

Les mouvements ont lieu deux fois par an, en février et en août. La question n’est donc pas ce que vaut l’électricité un mercredi d’octobre, mais ce que la méthode retient des coûts sur la durée.

Or cette méthode est publique, et elle est explicite sur ce point. Dans l’annexe A de sa délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026, la CRE décrit l’approvisionnement en énergie comme « valorisé de manière lissée sur les 24 mois précédant le début de l’année de livraison », à partir des cotations des produits calendaires. Un pic d’une journée — ou même d’un mois — ne s’y transmet pas tel quel.

Le dernier mouvement en date est celui du 1er août 2026 : + 2,5 % TTC en moyenne, sur proposition de la CRE. En option base, pour un compteur de 6 kVA, le kWh est passé de 0,1940 € à 0,2001 € TTC et l’abonnement annuel de 187,80 € à 190,32 €, selon les grilles publiées par EDF. Pour une consommation de référence de 4 500 kWh, la CRE chiffre la hausse à environ 26 € sur l’année.

Le prochain rendez-vous est fixé au 1er février 2027. La CRE y a renvoyé le rattrapage de l’ancien mécanisme de capacité et les régularisations au titre de 2026. Pour un foyer au tarif réglementé, les journées des 19, 20 et 21 octobre ne changeront donc rien à la facture d’ici là. Nous avons détaillé la hausse du 1er août et la promesse d’un hiver sans nouveau mouvement ; la mécanique, elle, n’a pas bougé.

Qui paie réellement ce prix

Une partie des ménages est exposée directement au marché. Les offres de marché dites à prix indexé sont, comme les décrit la CRE, indexées « sur les tarifs réglementés de vente ou sur différents produits (prix spot, etc.) ». Leur prix du kWh suit donc ces journées, à la hausse comme à la baisse, et sans lissage sur deux ans. Pour ces contrats, une semaine de marché comme celle-ci se lit sur la facture.

La CRE signale d’ailleurs un motif horaire, dans ses consultations publiques de mai 2026 sur la méthode des tarifs : « la production solaire a tendance à creuser les prix du marché spot entre 11 h et 17 h ». Ce que ces journées montrent est cohérent avec ce motif. Mercredi 21 octobre, l’indice de pointe — la moyenne des heures de journée — s’est établi à 138,76 €/MWh, sous l’indice base de 161,33 €/MWh : un renversement qui signifie que les heures de mi-journée ont tiré la journée vers le bas plus qu’elles n’ont pesé.

Pour un foyer qui a souscrit une offre dynamique et possède un usage déplaçable — recharge d’une voiture électrique, lave-linge —, c’est la plage où le kWh peut coûter le moins cher. Pour un foyer au tarif réglementé, déplacer un usage n’a d’intérêt que dans le cadre des heures creuses, dont les horaires sont redéployés dans de nombreuses communes.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Nous ne les présentons pas comme un record. La moyenne annuelle du prix spot français s’était établie à 275,9 €/MWh en 2022, puis à 97 €/MWh en 2023, d’après les bilans électriques de RTE. Le niveau du 19 octobre est élevé, mais il reste loin des niveaux de l’année de crise — et, à l’inverse, loin au-dessus de ceux d’avant 2020.

Nous ne disons pas non plus quelle en est la cause. Le prix du marché journalier se forme sur le dernier moyen de production appelé pour équilibrer le système, qui peut être, selon les heures, une centrale au gaz, un moyen hydraulique ou une turbine au fioul ; le résultat dépend aussi du vent, du soleil et de la disponibilité du parc nucléaire. Attribuer les 221,77 €/MWh du lundi à une cause unique demanderait une analyse que ces trois nombres ne contiennent pas.

Enfin, ces journées ne préjugent rien du mouvement du 1er février 2027 : le calcul porte sur des coûts lissés sur plusieurs années, pas sur la semaine écoulée. Et elles ne disent rien du prix repère du gaz, qui suit son propre calendrier — et augmente de 6,6 % au 1er novembre pour les foyers qui le paient.

Ce qu’un lecteur peut vérifier

Savoir de quel côté on se trouve. La première chose à regarder est la nature de son contrat : tarif réglementé — le prix suit les décisions publiques de février et d’août —, ou offre de marché, à prix fixe ou indexé. Si vous êtes au tarif réglementé, ces 221,77 €/MWh ne vous concernent pas cet automne ; si votre contrat est indexé sur le prix spot, si.

Lire le prix à sa source. Pour les journées de marché, c’est la bourse EPEX SPOT qui publie, à chaque enchère, l’indice base et l’indice de pointe de la journée suivante : ce sont ces valeurs que nous citons. Pour le tarif réglementé, c’est la grille publiée par votre fournisseur au 1er août 2026.

Ne pas confondre la cause et l’effet. Une semaine de marché chère n’est pas une hausse de facture programmée, et une journée de marché basse n’est pas une baisse annoncée. Les deux calendriers sont distincts, et c’est précisément ce qui protège les foyers au tarif réglementé de la volatilité de l’automne.

Cette distinction compte d’autant plus que les factures d’énergie pèsent lourd : un tiers des Français a déclaré avoir eu du mal à payer ses factures d’énergie, et la trêve hivernale suspend les coupures à partir du 1er novembre.

Sources : EPEX SPOT, résultats du marché journalier France (indice base et indice de pointe, livraisons des 19, 20 et 21 octobre 2026), relevés le 21 octobre 2026 ; CRE, délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026 et son annexe A « Méthode de construction des tarifs réglementés de vente d’électricité », lettre d’information de juillet 2026, consultations publiques n° 2026-10 et n° 2026-11 du 22 mai 2026, page « Marché de détail de l’électricité » ; code de l’énergie, articles L. 337-4 et L. 337-6 ; RTE, bilans électriques 2022 et 2023 (prix spot moyens annuels) ; grilles tarifaires publiées par EDF au 1er août 2026.

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