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23 octobre — il reste 8 jours sur les 31 du mois.

Prix en magasin : les commerçants déclarent leurs plus fortes intentions de hausse depuis mai 2026

L'Insee publie ce jeudi 22 octobre son enquête de conjoncture dans le commerce de détail et l'automobile pour octobre 2026 : le solde d'opinion sur les prix de vente prévus remonte à +13,2, contre +9,5 en septembre, bien au-dessus de sa moyenne de long terme (0) et au plus haut depuis mai. Dans le même temps, le climat des affaires recule à 93,2 et les perspectives générales d'activité tombent à −41,5, un niveau inobservé depuis octobre 2014 hors crise sanitaire. Ce que ce chiffre mesure — une intention déclarée, pas un prix relevé — et ce qu'il ne permet pas de conclure.

Prix en magasin : les commerçants déclarent leurs plus fortes intentions de hausse depuis mai 2026Composition 15dumois — sources : Insee, Informations rapides n° 255, 22 octobre 2026 — Sources : Insee — Informations rapides n° 255, 22 octobre 2026 (enquête mensuelle de conjoncture dans le commerce de détail et le commerce et la réparation automobiles, octobre 2026).

L’Insee a publié ce jeudi 22 octobre 2026, à 8 h 45, son enquête mensuelle de conjoncture dans le commerce de détail et le commerce et la réparation d’automobiles. Le chiffre le plus parlant pour un budget de courses n’est pas le climat des affaires — il recule encore, à 93,2 contre 95,8 en septembre — mais le solde d’opinion sur les prix de vente prévus : il remonte à +13,2, après +9,5 en septembre, et reste bien au-dessus de sa moyenne de longue période, qui est de 0. C’est le niveau le plus élevé depuis mai 2026 (+13,9).

Attention à ce que ce chiffre est : une réponse déclarée par les commerçants interrogés, pas un prix relevé en rayon. Il dit une intention, jamais son montant. Voici ce que l’enquête mesure exactement, ce qu’elle montre du moral des commerçants ce mois-ci, et ce qu’elle ne permet pas de conclure.

Ce que le solde des « prix de vente prévus » mesure exactement

Pour chaque question, un solde d’opinion est l’écart entre le pourcentage pondéré des entreprises qui répondent « en hausse » (ou « supérieur à la normale ») et celui de celles qui répondent « en baisse » (ou « inférieur à la normale »). Le solde des prix de vente prévus porte donc sur l’évolution que les commerçants attendent pour leurs propres prix, et non sur les prix déjà pratiqués : à +13,2, les réponses « en hausse » dépassent de treize points les réponses « en baisse ». Pour comparaison, ce solde valait 9,5 en septembre, 9,9 en août et 9,5 en juillet.

Deux précisions de périmètre, parce qu’elles changent la lecture du chiffre. L’ensemble interrogé mêle le commerce de détail, qui en représente 66 %, et le commerce et la réparation d’automobiles et de motocycles, 34 % ; le solde des prix prévus est publié pour cet ensemble, et non séparément par sous-secteur. Et les réponses ont été collectées entre le 25 septembre et le 19 octobre 2026, l’essentiel des entreprises répondant pendant les deux premières semaines : l’enquête décrit donc la première moitié du mois, pas la journée de parution. La prochaine publication est fixée au 20 novembre 2026 à 8 h 45.

Dans le même temps, les commerçants déclarent voir leur activité se dégrader

Le climat des affaires de cet ensemble perd trois points et s’établit à 93,2, loin de sa moyenne de longue période (100). Le recul tient à un seul solde : les perspectives générales d’activité chutent à −41,5, contre −31,5 en septembre, soit un niveau proche de celui de mai 2026 (−42,4) et qui, hors crise sanitaire, n’avait plus été observé depuis octobre 2014. Les autres soldes bougent peu : ventes passées −13,1, intentions de commandes −13,2 — sous leur moyenne pour le septième mois consécutif —, ventes prévues −12. Le solde sur les stocks, lui, repasse au-dessus de sa moyenne, à 15.

Le détail par sous-secteur accentue le contraste. Dans le commerce de détail hors automobile, le climat perd quatre points pour le deuxième mois consécutif et tombe à 92,5 ; ses perspectives générales d’activité atteignent un niveau inobservé depuis décembre 2018, hors crise sanitaire, et ses ventes prévues (−10) comme ses intentions de commandes (−12) reculent. Dans l’automobile, le climat est quasi stable à 94,9, mais les ventes prévues remontent à leur plus haut niveau depuis un an (−16, après −21 en septembre).

Sur l’emploi, les deux soldes vont en sens inverse : effectifs passés −11,3, en repli, effectifs prévus −7,7, en rebond, l’un et l’autre demeurant sous leur moyenne. L’Insee signale enfin que le climat de septembre a été révisé de deux points à la hausse, à cause de réponses tardives d’entreprises.

Une intention déclarée, pas un prix observé

C’est la limite à garder en tête : ce solde ne dit ni de combien les prix monteraient, ni lesquels, ni quand. Il mesure une anticipation dans une enquête d’opinion, sur un ensemble sectoriel large. La mesure des prix réellement pratiqués se lit ailleurs, dans l’indice des prix à la consommation : la dernière lecture donnait 3,1 % sur un an en septembre, l’énergie pesant plus de la moitié de la hausse. Et le prix en rayon ne suit pas mécaniquement le moral du commerçant qui le fixe : il dépend aussi des négociations commerciales 2027, dont le délai se resserre au 31 janvier pour les fournisseurs de moins de 350 millions d’euros, et, pour les produits frais, de ce qui est payé en amont — le prix payé au producteur de lait est un exemple de ces deux étages qui ne bougent pas ensemble, comme l’ont montré les légumes d’été à plus de 20 % sur un an en septembre.

Ce qu’il y a à retenir de cette enquête

Un chiffre à retenir : en octobre 2026, les commerçants interrogés par l’Insee déclarent des intentions de hausse de leurs prix de vente nettement supérieures à leur moyenne de longue période, au plus haut depuis mai. Un chiffre à ne pas en tirer : celui d’une hausse de prix déjà constatée, ou d’un montant anticipé. La source est vérifiable et reproductible — l’Insee publie la page « En octobre 2026, le climat des affaires dans le commerce de détail et d’automobiles s’assombrit de nouveau » (Informations rapides n° 255, 22 octobre 2026), ses séries mensuelles depuis 1991 pour chaque solde, et le fichier de données qui accompagne la publication. Entre la déclaration d’un commerçant et le ticket de caisse, il reste deux étages au moins : ce que le fournisseur accepte, et ce que l’enseigne décide d’afficher.

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