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Négociations commerciales 2027 : la FCD pose deux conditions avant la réunion du 28 octobre

La Fédération du commerce et de la distribution annonce qu'elle ne participera pas, en l'état, au comité de préparation du 28 octobre : plus de transparence sur les matières premières agricoles, et un traitement distinct des PME. Le ministère maintient la réunion.

Négociations commerciales 2027 : la FCD pose deux conditions avant la réunion du 28 octobreComposition 15dumois — source : communiqué de la FCD du 23 octobre 2026 et réponse du ministère du Commerce — Sources : FCD — communiqué du 23 octobre 2026.

Les négociations commerciales 2027 s’ouvrent sur un bras de fer avant même d’avoir commencé. Le vendredi 23 octobre 2026, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) — qui représente E.Leclerc, Carrefour, Intermarché et la plupart des grandes enseignes — a annoncé qu’elle ne participerait pas au comité de préparation des négociations commerciales convoqué le mercredi 28 octobre, sauf si deux exigences sont acceptées avant cette date. Sollicité, le ministère du Commerce a indiqué avoir pris note de ce communiqué et maintenir la réunion.

Ce que la FCD a annoncé, et à quelle date

Dans un communiqué du 23 octobre, la fédération pose deux préalables qu’elle qualifie de non négociables à sa présence. Elle ne conteste pas le principe de la rencontre : elle estime que l’urgence n’est pas de réunir une instance de plus, mais de répondre aux difficultés des agriculteurs, des petites entreprises et des consommateurs. Elle rappelle dans le même texte le contexte des pillages et dégradations de commerces du 17 octobre et la situation des éleveurs, fragilisés par la sécheresse et la canicule de l’été.

La réunion du 28 octobre est convoquée par les ministres chargés du commerce, Serge Papin, et de l’agriculture, Annie Genevard. Le gouvernement l’avait annoncée la semaine précédente, en amont de la campagne, pour tenter d’obtenir un « pacte de responsabilité » entre les parties.

Première exigence : savoir ce que coûtent les matières premières agricoles

La loi Egalim 2, adoptée en 2021, a sorti de la négociation la part du prix qui revient aux matières premières agricoles. Pour le vérifier, trois mécanismes sont autorisés : l’industriel peut afficher la part de chaque matière première agricole dans son tarif, communiquer une proportion globale, ou faire attester par un tiers indépendant que la négociation n’a pas porté sur cette part.

La FCD demande d’écarter le troisième. Selon elle, le recours à un certificateur ne donne pas au distributeur une vision précise du poids des matières premières dans le tarif qu’on lui présente ; elle réclame que les deux premiers mécanismes soient utilisés à titre exclusif lors de la prochaine campagne.

Deuxième exigence : traiter une PME autrement qu’une multinationale

La seconde demande porte sur la différenciation. La fédération estime qu’une PME fragilisée ne peut pas être négociée comme un groupe international, et elle vise explicitement les grands groupes industriels capables, selon elle, d’afficher des marges brutes proches de 50 % et des marges nettes supérieures à 10 %. Elle en tire un argument de prix : appliquer les mêmes règles à tous fragilise, dit-elle, les fournisseurs les moins solides, et finit par se répercuter sur ce que paient les consommateurs.

La réponse du gouvernement, et celle des industriels

Le ministère du Commerce a répondu par une formule brève, rapportée par l’AFP : il a pris note du communiqué et maintient la réunion du 28 octobre. Aucun des deux préalables n’a, à cette heure, été accepté publiquement.

De l’autre côté de la table, cinq organisations industrielles — l’Ania, la Coopération agricole, l’Ilec, la Fia et Culture viande — ont publié le 23 octobre un communiqué commun dénonçant le boycott annoncé et estimant que les distributeurs fuyaient leurs responsabilités. Le président de l’Ania a réagi le même jour auprès de l’AFP ; ses propos ont été repris par la presse spécialisée. Cette réaction est une position d’organisation professionnelle, pas une décision, et elle ne modifie ni le calendrier ni les règles.

Ce que ces négociations décident, et ce qu’elles ne décident pas

La campagne fixe les conditions d’achat des produits de marque nationale vendus en 2027 : prix, remises, services de coopération commerciale, volumes prévisionnels. Elle ne porte pas sur les marques propres des distributeurs, dont les prix se forment dans une autre relation, entre le distributeur et son fabricant. Elle ne fixe pas non plus le prix payé en caisse : celui-ci dépend de l’assortiment et des promotions choisis par chaque enseigne, des coûts de logistique et de la concurrence locale.

Nous ne publions pas de prévision de hausse à partir de cette réunion. Un accord commercial n’est pas un prix en rayon, et le comité du 28 octobre n’a, à ce stade, aucun pouvoir de décision sur les prix : c’est une réunion de préparation. Ce qui est établi tient en trois faits datés — un communiqué de la FCD le 23 octobre, un ministère qui maintient la réunion du 28 octobre, et un communiqué commun de cinq organisations industrielles le 23 octobre.

Le cadre légal, lui, n’a pas bougé : les dates butoirs de la campagne 2027 et la dérogation au 31 janvier pour les fournisseurs réalisant moins de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires mondial ont été détaillées dans notre article du 14 octobre, « le 1er mars devient le 31 janvier pour les fournisseurs de moins de 350 millions d’euros ». Sur le contexte, voir aussi notre relevé du prix en magasin du 22 octobre et notre récapitulatif des mesures ouvertes après les pillages du 17 octobre. Pour notre façon de traiter un communiqué d’organisation professionnelle, voir notre méthode.

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