Pommes : la récolte 2026 recule de 15 %, les prix payés aux producteurs 8 % au-dessus de 2025
Au 1er octobre 2026, le ministère de l'Agriculture estime la production française de pommes de table à 1,365 million de tonnes, en recul de 15 % sur un an et au plus bas depuis 2021, après les vagues de chaleur de l'été. Les prix payés aux producteurs dépassent de 8 % ceux de septembre 2025 : voici les chiffres publiés, ce qu'ils expliquent — et ce qu'ils ne disent pas des prix en rayon.
Graphique 15dumois — Agreste, note du 13 octobre 2026 — Sources : Conjoncture – Infos Rapides n° 2026-130, paru le 13 octobre 2026. Les pommes françaises seront moins nombreuses et plus petites cet automne. Au 1er octobre 2026, le service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture (Agreste) estime la production nationale de pommes de table à 1,365 million de tonnes, en recul de 15 % sur un an et de 10 % sous la moyenne des récoltes 2021-2025. Dans le même temps, les prix payés aux producteurs en septembre dépassent de 8 % ceux de septembre 2025. Voici les chiffres publiés le 13 octobre 2026, ce qu’ils expliquent — et ce qu’ils ne disent pas des étiquettes en rayon.
La récolte la plus faible depuis 2021
La production de pommes de table est estimée à 1 364 600 tonnes pour 2026, contre 1 594 300 tonnes en 2025 et 1 627 300 tonnes en 2024. C’est le niveau le plus bas de la série annuelle publiée avec la note depuis 2021 (1 316 400 tonnes) — après trois campagnes nettement plus abondantes. La moyenne des cinq dernières récoltes s’établit à 1 507 800 tonnes, soit 10 % au-dessus de ce que produirait la récolte 2026.
Les surfaces en production reculent aussi : 36 708 hectares, soit 3 % de moins qu’en 2025 et 5 % de moins que la moyenne 2021-2025. La baisse de production ne vient donc pas seulement du rendement.
Pourquoi les fruits sont plus petits
La note attribue le recul à trois causes, dans cet ordre : les vagues de chaleur estivales, qui ont limité la croissance des fruits malgré l’irrigation de plus de 80 % des vergers, et qui ont donc pesé sur les calibres et les rendements ; la diminution des surfaces ; et les effets de l’alternance, la succession d’une grosse récolte et d’une récolte réduite l’année suivante, après l’année abondante de 2025.
Concrètement, la note décrit des fruits trop petits pour certains marchés, des chutes de fruits, des brûlures et des défauts de coloration. En Nouvelle-Aquitaine, une part importante de la récolte devrait ainsi être orientée vers l’industrie plutôt que vers le frais. Cette sécheresse n’est pas propre aux vergers : elle marque aussi l’eau du pays, avec 79 départements ayant au moins une zone en « crise ».
Six régions, toutes en baisse
L’enquête de conjoncture porte sur six régions qui représentaient 90 % de la production nationale en 2025. Toutes sont en repli sur un an :
— Pays de la Loire : -23 %, la baisse la plus forte, avec des variétés précoces récoltées dans l’urgence pour cause de surmaturité ;
— Auvergne-Rhône-Alpes : -25 %, où les récoltes en cours révèlent une production plus faible que prévu ;
— Centre-Val de Loire : -16 %, avec des fruits trop petits pour être récoltés ;
— Occitanie : -14 % ;
— Nouvelle-Aquitaine : -13 % ;
— Provence-Alpes-Côte d’Azur : -7 %, où les canicules ont surtout pénalisé la variété Gala.
Par variété, sur l’ensemble du pays, la Gala recule le plus (-23 %, à 217 200 tonnes), devant la Granny Smith (-16 %, 109 700 tonnes), les autres variétés (-13 %, 683 100 tonnes) et la Golden (-10 %, 354 600 tonnes).
Ce que les prix disent — et ce qu’ils ne disent pas
En septembre 2026, l’indice des prix à la production des pommes de table dépasse de 8 % son niveau de septembre 2025, et de 11 % la moyenne 2021-2025. Ces prix sont ceux payés aux producteurs, mesurés par l’indice des prix des produits agricoles à la production ; ce ne sont pas les prix affichés en rayon, et la note ne dit rien de ce que les enseignes feront de cette hausse. La même distinction s’applique au prix du lait, où le prix payé au producteur et le prix en rayon ne bougent pas ensemble.
Autre précision de la note : la campagne de commercialisation des pommes n’a pas vraiment démarré. Le marché intérieur reste tourné vers les fruits d’été — pêches, prunes, raisins — en raison des températures élevées, et « le démarrage effectif de la campagne de commercialisation des pommes se fait donc attendre ». Les prix relevés en septembre portent donc sur un marché encore peu alimenté par la nouvelle récolte. Pour situer le rayon dans son ensemble, notre relevé des prix des fruits et légumes de l’automne 2026 reste la référence.
Ce que nous n’affirmons pas
Nous ne tirons de ces chiffres aucun prix au kilo et aucune prévision d’étiquette : une récolte plus faible ne détermine pas à elle seule le prix payé en caisse, qui dépend aussi des importations, des promotions et des marges. La note porte uniquement sur les pommes de table : ni les pommes à cidre, ni les autres fruits ne sont concernés par ces chiffres. Elle compte la production récoltée, quelle que soit sa destination — frais, transformation, invendus — et non ce qui sera effectivement vendu. Enfin, ces prévisions sont arrêtées au 1er octobre et peuvent être révisées : la note est publiée « en se fondant sur l’hypothèse que le reste de la saison ne connaîtra pas d’événements particuliers susceptibles d’affecter la récolte finale ».
Source : Agreste (ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire), « Pomme. En 2026, recul de la production de pommes et prix en hausse sur un an », Conjoncture – Infos Rapides n° 2026-130, paru le 13 octobre 2026, et ses données complémentaires publiées avec la note ; consultés le 17 octobre 2026. Tous les chiffres de cet article — production de 1 364 600 tonnes, recul de 15 % sur un an et de 10 % sur la moyenne 2021-2025, 36 708 hectares de surfaces en production, irrigation de plus de 80 % des vergers, baisses régionales de 7 % à 25 %, baisses par variété de 10 % à 23 %, prix à la production de +8 % sur un an et +11 % sur la moyenne quinquennale en septembre 2026 — viennent de cette note et de ses annexes. Le sujet n’a été vu ni par Google Trends ni par le radar de presse ; il vient de la surveillance des publications du ministère par la passe, la piste de départ venant d’un titre de presse sur la sécheresse et les récoltes, dont l’affirmation de « pression sur les prix » n’a pas été reprise faute de source primaire.
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