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Pompe à chaleur : l’offre clé en main ouvre le 1ᵉʳ octobre, réservée aux propriétaires modestes chauffés au gaz ou au fioul

Depuis le 1ᵉʳ octobre 2026, six groupements retenus par l'État proposent une offre « clé en main » pour remplacer une chaudière au gaz ou au fioul par une pompe à chaleur : installation, électricité à prix fixe, entretien et financement du reste à charge dans une même mensualité. L'aide annoncée atteint 9 800 € en moyenne, et le dispositif ne concerne ni les locataires, ni les appartements.

Visuel 15dumois : titre « Remplacer sa chaudière sans avancer d'argent », sous-titre « Une offre clé en main pour les pompes à chaleur, ouverte depuis le 1er octobre 2026 aux propriétaires modestes chauffés au gaz ou au fioul », et deux chiffres du gouvernement — 9 800 euros d'aide en moyenne par ménage, 55 000 pompes à chaleur visées en deux ans.Graphique 15dumois — ministère de l'Économie ; ministère de la Transition écologique.

Depuis le 1er octobre 2026, six groupements retenus par l’État proposent une offre « clé en main » pour remplacer un chauffage au gaz ou au fioul par une pompe à chaleur air/eau. Le dispositif, présenté par le gouvernement le 30 septembre, est souvent appelé « leasing social » pour les pompes à chaleur. Le terme est impropre : le ménage n’achète pas la machine à crédit et ne la loue pas non plus, il en devient propriétaire à l’installation, et rembourse par une mensualité unique le reste à charge, l’électricité et l’entretien.

L’objectif affiché est de lever ce qui bloque encore une partie des ménages modestes : l’avance de trésorerie. Les pouvoirs publics annoncent une aide qui atteint 9 800 € en moyenne par ménage, et des offres construites pour que la mensualité totale — remboursement, électricité et maintenance compris — ne dépasse pas la facture de chauffage d’avant les travaux.

Ce que l’offre réunit

Chaque lauréat doit proposer, dans un même contrat :

  • une pompe à chaleur air/eau fabriquée en France ou en Europe, dimensionnée après une étude du logement et posée par des professionnels qualifiés ; au moins un modèle réversible, qui rafraîchit en été lorsque la configuration le permet, doit être disponible ;
  • une fourniture d’électricité à prix fixe pendant trois ans ; le ménage n’est pas obligé d’y souscrire et peut changer de fournisseur sans conséquence sur le financement ni sur l’entretien ;
  • un contrat d’entretien d’au moins trois ans, entretien courant et dépannages compris ;
  • un pilotage qui fait fonctionner l’appareil aux moments où l’électricité coûte le moins cher, sous l’accord du ménage et dans une plage de confort qu’il fixe ;
  • le montage des aides et une solution de financement qui étale le reste à charge.

Ces cinq éléments figurent dans la présentation officielle de l’offre (ministère de l’Économie et ministère de la Transition écologique). C’est un cahier des charges : chaque groupement le décline à sa manière, et les offres commerciales peuvent différer entre elles.

Qui peut en bénéficier — et qui en est écarté

Quatre conditions doivent être réunies en même temps : être propriétaire d’une maison individuelle ; la chauffer au gaz, au fioul ou au propane ; relever des catégories de revenus très modestes ou modestes au sens de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) ; et disposer d’un logement compatible avec une pompe à chaleur air/eau, ce qui est vérifié lors d’une visite technique.

Le premier critère écarte déjà beaucoup de monde. Les locataires et les appartements ne sont pas concernés, pas plus que les foyers aux revenus intermédiaires ou supérieurs, ou les logements déjà chauffés à l’électricité ou au bois.

Critère Ce qui ouvre le droit Ce qui l’exclut
Statut du logement Propriétaire occupant d’une maison individuelle Locataire, occupant d’un appartement
Chauffage actuel Gaz, fioul ou propane Électricité, bois
Revenus Catégories « très modestes » ou « modestes » (Anah) Revenus intermédiaires ou supérieurs
Configurations du logement Compatible avec une pompe à chaleur air/eau Logement incompatible

Le barème de revenus qui ouvre le droit

Le plafond se lit sur le revenu fiscal de référence de l’avis d’imposition, selon la composition du foyer et la région. Les montants ci-dessous sont ceux de l’Anah ; nous en donnons les deux premières lignes, celles qui ouvrent le droit à l’offre, hors revenus intermédiaires et supérieurs.

Personnes au foyer Très modestes (hors Île-de-France) Modestes (hors Île-de-France)
1 jusqu’à 17 363 € jusqu’à 22 259 €
2 jusqu’à 25 393 € jusqu’à 32 553 €
3 jusqu’à 30 540 € jusqu’à 39 148 €
4 jusqu’à 35 676 € jusqu’à 45 735 €
5 jusqu’à 40 835 € jusqu’à 52 348 €
Par personne en plus + 5 151 € + 6 598 €
Personnes au foyer Très modestes (Île-de-France) Modestes (Île-de-France)
1 jusqu’à 24 031 € jusqu’à 29 253 €
2 jusqu’à 35 270 € jusqu’à 42 933 €
3 jusqu’à 42 357 € jusqu’à 51 564 €
4 jusqu’à 49 455 € jusqu’à 60 208 €
5 jusqu’à 56 580 € jusqu’à 68 877 €
Par personne en plus + 7 116 € + 8 663 €

Source : France Rénov’ (Anah), barème des catégories de revenus, consulté le 1er octobre 2026. Ce sont des revenus fiscaux de référence annuels, pas des revenus mensuels : les montants paraissent élevés parce qu’ils portent sur l’ensemble des revenus du foyer pour une année.

Combien : 9 800 € d’aide en moyenne

Le montant de 9 800 € est une moyenne annoncée par les pouvoirs publics, pas une somme versée à chaque foyer. Le financement vient des certificats d’économie d’énergie (CEE), ces obligations faites aux fournisseurs d’énergie de financer des travaux de rénovation, et non d’un budget voté : ce n’est donc pas de l’argent public au sens strict. La présentation officielle précise que cette aide spéciale est non cumulable avec MaPrimeRénov’ — autrement dit, le ménage ne peut pas empiler les deux dispositifs.

Le reste à charge est étalé : les offres ont été conçues, « pour la majorité des cas », pour être intégralement remboursées en trois ans. Le dossier de presse ajoute que, dans certaines configurations — besoins de chauffage plus faibles, économies d’énergie moindres — le remboursement peut s’étaler un peu plus longtemps. Une fois le reste à charge soldé, le ménage profite de la baisse des dépenses de chauffage. Le ministère estime qu’une pompe à chaleur a un rendement près de trois fois supérieur à celui d’une chaudière fossile, ce qui permettrait de diviser par deux la facture de chauffage ; c’est son estimation, et elle dépend du logement et des usages.

Cette aide s’ajoute à une actualité énergétique déjà chargée : le prix repère de vente du gaz a lui aussi changé au 1er octobre, ce qui renchérit la facture des foyers dont le contrat suit cet indice.

Les six offres retenues

La première sélection a retenu six groupements, qui réunissent chacun un fournisseur d’électricité, un installateur et, le plus souvent, un financeur. Ils se sont engagés ensemble à installer 55 000 pompes à chaleur supplémentaires, pour un objectif national d’un million d’installations en 2030.

Offre Principaux partenaires
CapConfort Hellio, Alpiq, Cofidis
IZI by EDF IZI by EDF, EDF, Domofinance
Le PAC’TE français Alterna énergie, Saunier Duval, Cofidis
Octopus x Effy Octopus Energy France, Effy
RÉFLEX Hello Watt, Engie
Sonepar Sonepar, Ace Énergie, TotalEnergies

Liste issue du dossier de presse du 30 septembre 2026. Nous ne classons pas ces offres et ne leur attribuons aucun avantage : nous n’avons pas examiné leurs devis.

Le calendrier

  • 30 septembre 2026 — annonce des six premiers lauréats par le gouvernement.
  • 1er octobre 2026 — ouverture des précommandes auprès des groupements retenus.
  • Novembre 2026 — premières installations, selon le ministère.
  • 1er janvier 2027 — nouvelle relève de candidatures, ouverte à d’autres opérateurs.

La précommande est une étape préalable : l’appareil est dimensionné après une étude du logement, et les premières poses n’interviennent pas avant novembre.

Ce que nous ne disons pas

Nous ne promettons aucune économie pour un foyer en particulier. Le gain dépend de l’isolation, de la surface, du système remplacé et de la façon de chauffer ; le médiateur national de l’énergie a d’ailleurs appelé l’attention, dès juillet 2026, sur le risque de décevoir des ménages dont la facture resterait élevée malgré l’installation, la performance réelle d’une pompe à chaleur dépendant étroitement du logement qui l’accueille.

Nous ne comparons pas les six offres — nous n’avons pas leurs devis — et nous ne présentons pas l’aide de 9 800 € comme une somme que chacun toucherait : c’est une moyenne, annoncée par les pouvoirs publics. Nous ne disons pas non plus qu’une pompe à chaleur se rentabilise toujours en trois ans : c’est la construction retenue par le ministère, pas un résultat mesuré foyer par foyer. Enfin, nous ne conseillons à personne de souscrire : le bon réflexe, avant toute décision, reste de comparer le devis proposé à ses propres factures de gaz ou de fioul passées.

Nos sources

Ministère de l’Économie et des Finances, « Lancement d’une offre intégrée pour s’équiper d’une pompe à chaleur », en ligne le 1er octobre 2026, consulté le 1er octobre 2026. Ministère de la Transition écologique, dossier de presse « Présentation des lauréats de l’offre intégrée pour les pompes à chaleur », publié le 30 septembre 2026. France Rénov’ (Anah), barème des catégories de revenus, consulté le 1er octobre 2026. Médiateur national de l’énergie, recommandations sur les offres intégrées de pompes à chaleur, 10 juillet 2026. Le classement des critères, les deux tableaux de revenus et le rappel de la non-cumulabilité avec MaPrimeRénov’ sont notre mise en forme ; notre méthode de vérification est décrite sur le site. Aucune formulation d’article de presse n’a été reprise.

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