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Électricité : le tarif réglementé a augmenté de 2,5 % au 1er août, et le gouvernement promet un hiver sans nouvelle hausse

Le 7 octobre 2026, le Premier ministre a déclaré que « le prix de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver », en demandant à EDF de mobiliser ses capacités de production. Deux mois plus tôt, le 1er août 2026, le tarif réglementé de l'électricité avait augmenté de 2,5 % TTC en moyenne, soit environ 26 € TTC de plus par an pour une consommation de 4,5 MWh. Voici ce qui a réellement changé, ce que l'annonce est — une intention, pas une décision — et la date du prochain mouvement tarifaire.

Électricité : le tarif réglementé a augmenté de 2,5 % au 1er août, et le gouvernement promet un hiver sans nouvelle hausseGraphique 15dumois — CRE, délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026 — Sources : délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026 ; allocution du Premier ministre du 7 octobre 2026.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a déclaré le mercredi 7 octobre 2026, lors d’une allocution depuis Matignon : « Le prix de l’électricité ne doit pas augmenter cet hiver. » La phrase a été reprise le soir même par toute la presse. Elle arrive deux mois après une hausse réelle du tarif réglementé, entrée en vigueur le 1er août 2026 — et elle ne dit pas, à elle seule, ce que paiera un foyer cet hiver.

Cet article sépare trois choses que les reprises mélangent : ce qui a changé dans les tarifs réglementés au 1er août 2026, ce que l’annonce du 7 octobre est — une intention, pas encore une décision — et la date à laquelle un nouveau mouvement tarifaire est réellement attendu. Dans le même temps, le prix repère du gaz a été relevé de 6,3 % au 1er octobre 2026 (voir notre article sur le prix repère du gaz) : les deux énergies ne suivent pas le même calendrier, et c’est précisément ce qui rend la phrase du 7 octobre ambiguë.

Ce qu’a annoncé le Premier ministre le 7 octobre

S’adressant à EDF, le chef du gouvernement a demandé au groupe de « mobiliser au maximum ses capacités de production, dans le respect des exigences de sûreté », avant d’ajouter : « Nous prendrons donc les décisions nécessaires pour le tenir. J’y reviendrai prochainement. »

À la date de cet article, le 8 octobre 2026, aucune décision portant sur le niveau des tarifs de l’électricité pour l’hiver n’est publiée : ni délibération de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), ni arrêté au Journal officiel. Ce qui existe à cette heure est une déclaration d’intention. Le mécanisme, en revanche, est précis — et c’est lui qui dira si la promesse se traduit en facture.

Ce qui a réellement changé au 1er août 2026

Les tarifs réglementés de vente de l’électricité ont augmenté de 2,5 % TTC en moyenne au 1er août 2026. La proposition vient de la CRE, qui a publié le 16 juillet 2026 sa délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026 ; le Gouvernement l’a acceptée, comme l’a indiqué Service Public (Dila, services du Premier ministre) le 21 juillet 2026.

En euros, la hausse représente environ 5,98 € TTC de plus par mégawattheure, soit environ 26 € TTC par an pour une consommation moyenne de 4,5 MWh : la facture type passe de 1 046 € à 1 072 € TTC par an, selon la CRE. Elle concerne les foyers qui ont souscrit un contrat au tarif réglementé — 19,37 millions de clients résidentiels en France métropolitaine continentale au 31 mars 2026 — et non ceux qui ont une offre de marché.

Ce montant est une moyenne. L’évolution est différenciée selon l’option tarifaire (base, heures pleines-heures creuses, Tempo) et la puissance souscrite : une facture réelle ne bouge donc pas exactement de 26 €.

Pourquoi cette hausse : ce qui monte, et ce qui baisse

La hausse du 1er août 2026 ne vient pas du prix de l’électricité sur les marchés, mais de trois mouvements que la CRE détaille :

  • le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe), fixé par une délibération de la CRE du 21 mai 2026, augmente : consommations et recettes inférieures aux prévisions d’une part, charges de réseau plus élevées que prévu pour RTE de l’autre ;
  • la brique capacitaire augmente avec l’intégration du nouveau mécanisme de capacité, dont la première enchère a eu lieu le 6 juillet 2026 ;
  • à l’inverse, l’accise sur l’électricité baisse pour les clients dont la puissance souscrite ne dépasse pas 36 kVA, de 30,85 à 30,62 €/MWh, en application de la loi de finances pour 2026 — un allègement qui ne compense pas les deux premiers mouvements.

La CRE a précisé un point pour la suite : le reliquat de l’ancien mécanisme de capacité et les autres rattrapages au titre de l’année 2026 seront couverts lors du mouvement de février 2027.

Le prochain rendez-vous : février 2027

Les tarifs réglementés évoluent habituellement deux fois par an, au 1er février et au 1er août. Le 1er août vient de passer ; le prochain mouvement attendu est donc celui de février 2027, et la CRE a déjà annoncé qu’il portera des rattrapages.

C’est là que se joue l’« hiver » évoqué le 7 octobre, et c’est là que la mécanique compte : le niveau des tarifs réglementés est proposé par la CRE aux ministres chargés de l’énergie et de l’économie, après avis du Conseil supérieur de l’énergie, puis fixé par arrêté publié au Journal officiel. Une annonce ne suffit donc pas à geler un tarif : il faut une décision, et un texte. Rien de tel n’est publié à ce jour.

Ce que nous n’affirmons pas

Nous n’affirmons pas que la facture d’électricité des ménages n’augmentera pas cet hiver : aucune décision de gel des tarifs réglementés n’est publiée au 8 octobre 2026, et nous ne savons pas quelles « décisions nécessaires » le Premier ministre annonce. Nous n’affirmons pas non plus le contraire. Nous ne donnons aucun montant pour la prochaine évolution : elle n’est pas décidée. Les 26 € et les 5,98 € TTC par mégawattheure sont une moyenne officielle pour une consommation de 4,5 MWh, pas le montant d’une facture particulière. Enfin, cette évolution ne concerne que les contrats au tarif réglementé : une offre de marché, un contrat de gaz et une consommation réelle peuvent évoluer autrement.

Sources : CRE, délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026 portant proposition des tarifs réglementés de vente d’électricité, et son communiqué du 16 juillet 2026 (hausse moyenne de + 2,5 % TTC au 1er août 2026 ; + 5,98 € TTC/MWh, soit environ 26 € TTC par an pour 4,5 MWh ; 19,37 millions de clients résidentiels aux tarifs réglementés au 31 mars 2026 ; reliquat du mécanisme de capacité et rattrapages 2026 couverts au mouvement de février 2027) ; CRE, délibération du 21 mai 2026 sur l’évolution du Turpe au 1er août 2026 ; Service Public (Dila, services du Premier ministre), « Quelle évolution pour votre facture d’électricité au 1er août ? », 21 juillet 2026 ; EDF, note TRV au 1er août 2026 (détail des composantes et de l’accise, 30,85 à 30,62 €/MWh) ; allocution du Premier ministre du 7 octobre 2026, citée par plusieurs titres indépendants (Le Télégramme, La Montagne, Sud-Ouest, Capital.fr).

Pour aller plus loin sur le site : notre article sur l’énergie dans les budgets des ménages, celui sur le prix repère du gaz au 1er octobre, celui sur l’inflation de septembre 2026 et la part de l’énergie, notre page sur la trêve hivernale et notre article sur l’offre clé en main des pompes à chaleur. Notre page Notre méthode explique comment nous citons nos sources et ce que nous refusons d’affirmer.

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