Changement d’heure : la France est passée à l’heure d’hiver, ce qu’il faut vérifier chez soi
Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, la France a reculé d'une heure : à 3 h du matin, il était 2 h. Le pays fonctionne de nouveau à UTC+1, et le restera jusqu'au 28 mars 2027. Une partie des appareils d'un logement s'est réglée seule, d'autres non — et un programmateur de chauffage resté à l'heure d'été se paie sur la consommation. La suppression du changement d'heure, elle, n'a toujours pas de date.
Composition 15dumois — sources : service-public.gouv.fr, vie-publique.fr — Sources : service-public.gouv.fr — « Changement d'heure », mise à jour du 20 octobre 2026 ; vie-publique.fr — « Heure d'hiver et heure d'été : cinq questions », 23 octobre 2026. La France est passée à l’heure d’hiver dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026. À 3 heures du matin, il a fallu reculer les horloges de soixante minutes : il était 2 heures. Le pays fonctionne donc de nouveau à UTC+1, après cinq mois d’heure d’été à UTC+2, et il le restera jusqu’au dernier dimanche de mars, le 28 mars 2027.
Cette nuit-là, la journée légale a compté vingt-cinq heures, ce qui offre une heure de sommeil à ceux qui peuvent en profiter. En revanche, la nuit tombe désormais une heure plus tôt le soir : le soleil ne se couche pas plus tôt dans le ciel, c’est l’heure affichée qui a changé. Une partie des appareils d’un logement s’est remise à l’heure toute seule, d’autres non, et certains ne le feront jamais sans intervention.
Ce qui a changé, et depuis quand
Le réglage appliqué ce dimanche n’est pas récent. Le décret du 19 septembre 1975 a instauré une heure d’été en France hexagonale pour économiser l’énergie en réduisant les temps d’éclairage artificiel le soir, en fixant cette heure d’été à UTC+2. Cette mesure, qui devait être provisoire, est toujours appliquée. L’heure d’hiver, elle, correspond au temps légal français : un décret du 14 août 1945 l’a fixé avec une heure de décalage par rapport au temps universel coordonné, soit UTC+1. Le changement d’heure avait été appliqué une première fois en 1916, après l’Allemagne et le Royaume-Uni, dans le but d’économiser des ressources énergétiques comme le charbon, puis abandonné en France à la Libération, en 1944.
Autrement dit, la France ne change pas de fuseau horaire deux fois par an : elle ajoute une heure à son temps légal pendant la belle saison, puis la retire.
Pourquoi les mêmes dates partout en Europe
Depuis 2002, le changement d’heure s’opère de façon homogène dans tous les États membres de l’Union européenne, en application de la directive 2000/84/CE du 19 janvier 2001 : le passage à l’heure d’été a lieu dans la nuit du dernier samedi au dimanche de mars, celui à l’heure d’hiver dans la nuit du dernier samedi au dimanche d’octobre. C’est ce qui explique que la date de ce dimanche soit la même à Paris, à Madrid et à Varsovie. Les pays de l’Union sont répartis sur trois fuseaux : l’Irlande et le Portugal à UTC, la France et quinze autres États à UTC+1, la Bulgarie, la Grèce ou la Roumanie à UTC+2.
Outre-mer, le changement d’heure ne s’applique pas, sauf à Saint-Pierre-et-Miquelon. La Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion et Mayotte gardent la même heure toute l’année ; leur temps légal est défini par un décret de mars 2017. Un habitant de Saint-Denis de La Réunion n’a donc rien à régler sur ses horloges, et son décalage avec la métropole change deux fois par an sans qu’il ait rien fait.
Ce qu’il faut vérifier à la maison
Les appareils reliés au réseau se sont réglés seuls : téléphones, box internet, ordinateurs, téléviseurs connectés, montres connectées. Les autres demandent un contrôle, parce qu’une horloge restée à l’heure d’été peut produire des effets qui ne se voient pas. Le cas le plus fréquent, et celui qui a un effet sur la facture, est le programmateur de chauffage ou de chauffe-eau : un thermostat d’ambiance, une chaudière ou un ballon d’eau chaude pilotés par une horloge interne, s’ils ne sont pas reliés au réseau, continuent de déclencher à l’heure d’avant. Un chauffage qui démarre à 5 heures au lieu de 6 heures, ou un ballon qui chauffe en pleine matinée alors qu’il devrait le faire la nuit, ne se remarquent pas à l’affichage mais se retrouvent sur la consommation.
La vérification vaut aussi pour le four, le micro-ondes, la cafetière programmable, le réveil, l’éclairage extérieur, le minuteur d’arrosage, le portail automatique et l’horloge de bord des voitures qui ne se règlent pas par le réseau. Une liste courte à parcourir, une fois par an.
Un point souvent mal compris : le changement d’heure ne modifie pas les plages « heures creuses » de votre contrat d’électricité. Ces plages sont fixées dans le contrat, par exemple de 22 heures à 6 heures, et elles ne bougent pas avec le changement d’heure ; ce sont les appareils que vous programmez vous-même sur ces plages qu’il faut replacer sur la bonne heure. Le sujet est d’actualité pour une autre raison : 9,3 millions de clients voient leurs horaires d’heures creuses changer au 1er novembre 2026, une réforme qui n’a rien à voir avec ce dimanche.
Le reste du calendrier de l’hiver s’ouvre d’ailleurs la semaine prochaine, le 1er novembre : c’est la date où commence la trêve hivernale, pendant laquelle plus aucune coupure d’énergie ne peut être faite, et celle où l’obligation d’équipement hivernal reprend pour certains véhicules dans les communes de montagne.
La suppression du changement d’heure n’a pas de date
La fin du changement d’heure revient régulièrement dans les discussions, et rien n’est décidé. La Commission européenne a remis la suppression du changement d’heure dans son programme de travail 2026 ; elle avait déjà annoncé, dans son programme de travail pour 2025, la reprise de sa proposition de directive de mars 2019, dont la discussion avait été interrompue par la crise sanitaire. En octobre 2025, le Parlement européen s’est de nouveau exprimé en faveur de la suppression.
Le projet prévoit que chaque État membre pourrait choisir de rester à l’heure d’hiver ou à l’heure d’été. C’est précisément ce qui bloque : en 2019, le Parlement européen avait émis le vœu d’une coordination entre les États membres et la Commission, afin que l’application de l’heure d’été dans certains pays et de l’heure d’hiver dans d’autres ne perturbe pas le marché intérieur. Aucun accord de ce type n’a été trouvé depuis. La consultation publique lancée par la Commission à l’été 2018 avait reçu plus de 4,6 millions de réponses, dont 84 % favorables à la suppression ; une consultation organisée en France par l’Assemblée nationale début 2019 avait donné des résultats comparables. Cela n’a pas suffi à trancher entre les États.
Conséquence pratique : le changement d’heure n’ouvre droit à aucune démarche, à aucune aide et à aucun remboursement. Les horaires publiés par les administrations, les transports et les commerces suivent l’heure légale, et ils ont changé avec elle. Le prochain rendez-vous est fixé au dimanche 28 mars 2027, dernier dimanche de mars.
Ce que l’on peut dire de l’économie d’énergie
L’argument d’origine est énergétique. Le changement d’heure a été instauré après le choc pétrolier de 1973-1974 et l’envolée des prix du pétrole : il s’agissait d’économiser l’électricité produite à l’époque principalement à partir de fioul, grâce à une heure d’ensoleillement naturel de plus le soir. Sur ce point, la seule évaluation publique que nous ayons retrouvée est une étude de l’Agence de la transition écologique (Ademe) publiée en 2010, qui concluait à des effets positifs de l’heure d’été sur la consommation d’énergie et les émissions de CO2.
Cette étude a seize ans et n’a pas été actualisée publiquement depuis. Les chiffres d’économie qui circulent chaque année à l’occasion du changement d’heure ne reposent donc sur aucune évaluation récente que nous puissions citer, et nous n’en avançons aucun. Le contexte, lui, a changé : le chauffage pèse aujourd’hui bien plus lourd que l’éclairage dans la consommation d’un logement, et dans une enquête menée en juin 2026, 35 % des personnes interrogées déclaraient avoir eu du mal à payer leurs factures d’énergie, et 66 % craignaient de peiner à se chauffer cet hiver. Une heure d’éclairage artificiel de moins, comme en 1975, n’a plus le même poids qu’à l’époque où elle a justifié la mesure.
Ce que ces faits ne disent pas : personne ne peut affirmer aujourd’hui ce que la France gagnerait ou perdrait, en euros, à rester toute l’année à l’heure d’été ou à l’heure d’hiver. Les seuls éléments publics que nous avons retrouvés portent sur le principe — économiser l’éclairage le soir — et non sur un montant mesuré pour un ménage.
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