Black Friday 2026 : pourquoi commencer à relever les prix maintenant
La date qui circule est le vendredi 27 novembre 2026 — le dernier vendredi du mois. Elle ne décide pourtant pas de grand-chose. Ce qui décide si une remise annoncée est réelle se joue dans les trente jours qui précèdent, et cette fenêtre s'ouvre maintenant.
Graphique 15dumois — service-public.fr. La date qui circule est le vendredi 27 novembre 2026 — le dernier vendredi du mois. Elle ne décide pourtant pas de grand-chose. Ce qui décide si une remise annoncée est réelle se joue dans les trente jours qui précèdent, et cette fenêtre s’ouvre maintenant.
La règle française, telle qu’elle est écrite
Depuis le 28 mai 2022, l’article L. 112-1-1 du code de la consommation encadre les annonces de réduction de prix. Il a été créé par l’ordonnance n° 2021-1734 du 22 décembre 2021, qui transpose la directive européenne 2019/2161 dite « Omnibus ». Ce qu’il dit, dans son premier alinéa :
- toute annonce d’une réduction de prix indique le prix antérieur pratiqué par le professionnel avant l’application de la réduction ;
- ce prix antérieur correspond au prix le plus bas pratiqué par le professionnel à l’égard de tous les consommateurs au cours des trente derniers jours précédant la réduction ;
- en cas de réductions successives pendant une période déterminée, le prix antérieur est celui pratiqué avant la première réduction ;
- cet alinéa ne s’applique pas aux annonces portant sur des produits périssables menacés d’une altération rapide.
Le paragraphe II du même article ajoute une seconde exclusion : ces dispositions ne s’appliquent pas aux opérations par lesquelles un professionnel compare les prix qu’il affiche avec ceux d’autres professionnels. Dans ce cas, selon la DGCCRF, le consommateur doit être clairement informé qu’il s’agit d’une comparaison de prix et non d’une réduction, et de la nature du prix de comparaison — prix conseillé du fabricant, prix habituellement constaté, etc.
Le marchand reste libre d’afficher la réduction comme il l’entend : en euros, en pourcentage, ou par un prix barré. La règle vaut en magasin comme en ligne. Et le prix de référence n’est pas une décoration : le professionnel doit pouvoir le justifier, en cas de contrôle de l’administration comme de contestation d’un client.
Ce que cette règle ne dit pas
Elle est souvent reprise de façon plus large qu’elle ne l’est. Quatre choses qu’elle n’établit pas, et qui comptent autant que ce qu’elle impose :
- elle n’oblige personne à faire une promotion, ni le 27 novembre ni un autre jour. Le Black Friday n’a pas de date légale en France — contrairement aux soldes, dont les dates sont fixées par arrêté ;
- elle ne dit pas qu’une remise est intéressante. Un pourcentage calculé sur un prix antérieur élevé peut aboutir à un prix supérieur à celui d’un autre marchand ;
- elle n’oblige pas un marchand à s’aligner sur le prix le plus bas du marché : le prix antérieur est celui qu’il a pratiqué lui-même ;
- elle ne crée aucun droit à un prix. Elle encadre une annonce, elle ne fixe pas un tarif.
Pourquoi commencer maintenant, et pas le 27 novembre
Pour juger la réduction annoncée le 27 novembre, il faut connaître le prix le plus bas pratiqué pendant les trente jours qui précèdent. Rien de ce qui sera affiché en novembre ne permettra de reconstituer cette période : un prix de référence, une remise en pourcentage ou un prix barré sont des déclarations du marchand, pas un historique vérifiable par le lecteur.
Et nous ne pouvons pas davantage reconstituer le passé : nous n’avons pas relevé ces prix. Nous commençons donc avec ce que nous observons nous-mêmes, à partir d’aujourd’hui, et nous ne remonterons pas plus loin que notre premier relevé.
Ce que 15dumois va suivre, et comment
Pas « tous les prix du web » : une liste courte de produits identifiés, chacun avec une page produit stable. Pour chacun, un relevé daté — le prix affiché sur la page, lu à un instant précis, la page conservée comme preuve. Nous enregistrons le produit, l’adresse de la page, le prix affiché, la référence que le marchand affiche s’il en affiche une, la date et l’heure.
Deux choses ne seront jamais confondues dans nos pages :
- notre observation — ce que nous avons lu sur la page, à telle heure, tel jour ;
- la déclaration du marchand — le prix de référence et la remise qu’il affiche, que nous rapportons comme sa déclaration, avec ses mots.
Nous ne publierons aucun prix que nous n’avons pas observé nous-mêmes, aucun prix historique antérieur à notre premier relevé, et aucune estimation du type « tourne autour de ». C’est la seule façon qu’un chiffre publié ici puisse être vérifié par un lecteur.
Nos premiers relevés, le 28 septembre 2026
Quatre produits suivis chez un même marchand, lus dans la journée. Le prix indiqué est celui que la page affichait pour le produit ; la colonne de droite rapporte ce que le marchand affichait lui-même.
- Casque SONY WH-CH720N — prix affiché 69,99 € ; le marchand affiche « Prix de référence 99,99 € −30 % ».
- Casque SONY WH-1000XM4C — prix affiché 249,99 € ; aucune référence ni remise affichée pour ce produit.
- Casque SONY WH-1000XM6 — prix affiché 449,99 € ; aucun prix de référence affiché pour ce produit.
- Casque MARSHALL Major V — prix affiché 99,99 € ; aucun prix de référence affiché pour ce produit.
Sur le premier de ces produits, nous pouvons constater que le marchand affiche une référence de 99,99 € et une remise de 30 %. Nous ne pouvons pas vérifier que 99,99 € est le prix le plus bas qu’il a pratiqué pendant les trente derniers jours : cette justification lui appartient, et c’est précisément ce que la règle lui demande de pouvoir produire. Notre relevé dit ce que nous avons vu, pas ce que valait le produit avant.
Un détail qui illustre le piège : sur l’un de ces produits, une page de résultats de recherche affichait encore une promotion qui n’existait plus sur la page produit. Ce qui traîne dans un résultat de recherche n’est pas un relevé — ce n’est même pas daté.
D’autres enseignes n’ont pas pu être vérifiées lors de ce relevé et ne sont donc pas incluses dans cette comparaison.
Ce que vous pouvez faire de votre côté, dès maintenant
- Notez ce que vous voyez, et quand. Un prix et une date sur une note suffisent : le jour où une remise sera annoncée, c’est votre relevé qui vous dira si le point de départ est sérieux.
- Cherchez la nature du prix de référence avant de regarder le pourcentage. « Prix conseillé » n’est pas un prix pratiqué ; « prix habituellement constaté » compare à un usage, pas à une baisse.
- Si la référence vous paraît gonflée, demandez-la. Le marchand doit pouvoir la justifier : c’est la contrepartie de la règle, et c’est aussi ce qui vous permet de contester.
Nous détaillons cette lecture des prix sur comment nous vérifions les prix : les mêmes distinctions s’appliquent, avec la fenêtre des trente jours en plus.
Sources
Article L. 112-1-1 du code de la consommation, créé par l’ordonnance n° 2021-1734 du 22 décembre 2021 (transposition de la directive 2019/2161), en vigueur depuis le 28 mai 2022 — texte consulté sur Légifrance. DGCCRF, « Des règles plus claires contre les faux rabais » (economie.gouv.fr), pour la liberté d’affichage de la remise, la portée en ligne comme en magasin et le cas des comparaisons entre professionnels. Préfecture du Nord, page « Consommation — Lutte contre les faux rabais », pour l’obligation de pouvoir justifier le prix de référence. Service Public, page sur les dates des soldes (arrêté du 27 mai 2019). Nos quatre relevés ont été lus le 28 septembre 2026 entre 13 h 08 et 13 h 09 sur les pages produit du marchand ; les pages servies sont conservées comme preuves.
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